SUÈDE STOCKHOLM MUSÉE NATIONAL
Les tableaux de Chardin que possède le Musée de Stockholm ont été acquis par le comte de Tessin, ambassadeur de la reine de Suède Louise-Ulrique auprès de la Cour de France, soit pour le compte de sa souveraine, soit pour sa collection particulière. Même lorsqu'il quitta son poste pour revenir en Suède il ne cessa pas de s'intéresser aux artistes français et cette lettre que lui adressait M. Berche, secrétaire d'ambassade, le 17 octobre 1745, et déjà publiée par Dussieux (Les Artistes français à l'étranger, p. 595, 506) donne certains détails intéressants sur les procédés de travail de Chardin:
« Monseigneur, l'affaire des tableaux rencontre un peu de difficulté du côté de M. Chardin, qui avoue naturellement qu'il ne pourroit pas donner les deux pièces que dans un an d'icy. La lenteur et la peine qu’il se donne, doivent dit-il être déjà connues de Votre Excellence. Le prix de 25 louis d’orpar tableau est modique pour lui, qui a le malheur de travailler si lentement; mais en considération des bontés, que Votre Excellence a eues pour lui, il passera encore ce marché, et laissera à la volonté de cet ami de Votre Excellence s’il veut y ajouter quelque chose quand l'entreprise sera achevée. De cette façon, Votre Excellence a encore du temps pour se décider, si elle veut qu’il travaille. Un tableau qu'il a chez lui l’occupera probablement encore un couple de mois. Jamais chez lui, plus d'un entrepris à la ois.
« Boucher va plus vite... »
Bibliographie CLéMENT DE Ris, G.B.A. 2e pér., t. X, p. 407 et 408. — Lady Dire, G.B.A., 3e pér., t. XXII. — Julien Lecrerce, R.A.A.M., 1899, t. I.