‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 25 sur 55 · DAME PRENANT SON THÉ · texte numérisé non relu

DAME PRENANT SON THÉ

Gi'avé par Fillœuf, d'après le tableau de Chardin.

Il faut rendre à Chardin toute la justice qui lui est due pour la hardiesse dont il faisait preuve en abordant de pareils motifs. Sans doute on n'en était plus au mot de Louis XIV sur Teniers : Tire^ de devant moi ces magots; mais les préjugés d'une société, profondément hiérarchisée, n'admettaient l'égalité des Français ni en politique ni en art, il y avait une peinture noble et une peinture qui ne l'était pas. Les peintres d'histoire étaient à l'Académie comme les ducs et pairs au Parlement : les peintres de genre ou les peintres à talents, comme on disait aussi, portaient la peine de leur mauvaise mine ou de celles de leurs compositions. On les tenait à l'écart : les places de professeur et d'autres avantages

encore leur étaient impitoyablement refusés. Différence sensible, mais rendue plus cruelle encore par les blessures d'amour-propre si cuisantes

ur des artistes. Ce fut un rude coup pour Greuze, par exemple, ,ù le Directeur de l'Académie lui annonça qu'il était rf/^/nw intrar

■ j.-B. SIMEON CMARDIN 59 mais seulement comme peintre de genre Les critiques les plus éclairés ne pensaient guère là-dessus autrement que l'opinion publique et que l'Académie. Lu Lettre sur la peinture qm est consacrée au Salon de 1748 croit faire un grand honneur à Chardin en disant que c'est lui, qui, de tous les peintres à talents, approche le plus de l'histoire -. Diderot lui-

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