‹ J. Barbey d'Aurevilly; impressions et souvenirsChapitre 1 sur 12 · COMTE ROSELLY DE LORGUES · texte numérisé non relu

COMTE ROSELLY DE LORGUES

Cher et vénéré Comte^

Volts avez été V ami des dernières heures de celui à qui ce livre est consacré^ rami des premières heures de celui qui a puisé dans une profonde et respectueuse affection le courage, — peut-être présomptueux, — de récrire. Vous avez été rami et Ihôte de notre grand d Aurevilly , qui aimait en vous le cœur autant que l'esprit : ce cœur de gentilhomme toujours ouvert aux sentiments de foi, de généreuse ardeur, de dévouement, de sacrifice y de patriotisme ; cet esprit toujours occupé des hautes spéculations de l intelligence,

AU liOMTE HOSELLY DE LORGUES

adonné aux études les plus sérieuses, d'un lîbéro,lisme pondéré, dune admirable rectitude. Ce cœur et cet esprit inspirèrent à Pie IX, de sainte et glorieuse mémoire, la tendresse dont il vous donna tant de preuves. Ce cœur et cet esprit ont entraîné à votre suite les mille évêcjues du monde catholique, — ce majestueux concile! — qui, saluant en vous r historien définitif de Christophe Colomb, le défenseur victorieux de sa mémoire, vous ont élu par leur suffrage le Postulateur de sa Cause de béatification.

C'est par votre livre sur Christophe Colomb, — une des pages mémorables quaura produite rhistoire en notre siècle de revision historique, — que Barbey d'Aurevilly est venu à vous. Il connaissait déjà vos graves travaux antérieurs sur les questions importantes de la Commune, de r école, de la rénovation sociale par la Religion. Mais votre magnifique étude du grand navigateur vous signala à son attention comme presque un prophète, et il le fut, lui, prophète, en disant que votre œuvre capitale était la base de cette prodigieuse réparation que, sous vos auspices, lEglise va accorder au calomnié de toutes les sectes.

Dès quil vous eût connu, Barbey d'Aurevilly vous aima. Il retrouvait en vous un contemporain de ses jeunes années, nourri des traditions

AU COMTE ROSELLY DE LORGUES Ifl

qitil avait apprises, lui aussi, dès l'enfance^ et soumis à des croyances qui le faisaient votre frère, pour cette vie et pour l éternité.

Il vous dédia l'un de ses livres, parce qu il savait votre âme digne de comprendre et de juger ce qu'il y mettait d'intentions pures y de sincérité, de largeur de vues. Vous le lisiez avec un plaisir exquis, et vous le défendiez avec toute l'autorité de votre parole contre ceux qui en parlaient légèrement, ne ï ayant point lu, ou ï ayant mal compris.

Il eut même l honneur de partager avec vous la gloire de certaines basses persécutions et de certables haines, qu'il a pardonnées à son deimier jour, comme vous-même les avez déjà pardonnées, dans la noble et puissante sérénité d'une vieillesse que Dieu prolonge, pour vous récompenser par la jouissance de votre œuvre.

Quant à moi, je ne veux point énumérer ici

tout ce que je dois de gratitude à votre paternelle

bonté. Mais je puis dire que vous m'avez traité

comme un ami préféré^ que j^ai reçu vos leçons,

et que j'ai tâché de profiter de vos exemples. A la

même table, bien souvent, nous nous sommes

^^ouvés réunis, Barbey d' Aurevilly , vous et moi,

Uivec d'autres convives couronnés de cheveux

^mla?ics : mais, le plus jeune, ce n'était pas le

^^ernicr né parmi nous, et tous les cœurs qui bat-

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