‹ J.-F. MilletChapitre 1 sur 22 · M DCCC LXXXVIII · texte numérisé non relu

M DCCC LXXXVIII

au TEI7LTXE Œ)E Va ANGELUS ^^

Ah ! cotnbien tu l'aimais, cette terre féconde D'oïl sortent, radieux, les blonds épis sacrés ! Le chêne t'a parlé, dans la forêt profonde; Les oiseaux amoureux te contaient leurs secrets»

Au peintre de V Angélus,

La source, le buisson, Vherbe, la fleur champêtre, Le vieux roc, caressé par le soleil levant, Quand tu les admirais, semblaient te reconnaître Et te dire: Merci î pour ce culte fervent.

Les humbles font conquis. — Patients, énergiques. Courbant leurs fronts hâlés, bêchant avec ardeur, Fanant, sarclant, glanant, tous tes héros rustiques Apparaissent, remplis d'une austère grandeur.

Ta vie était caclde, et ton puissant génie S'affirma par ton œuvre et non par des discours; Simple et grave, au milieu d'une famille unie. Tu travaillais pour elle, en observant toujours!

Que de luttes, jadis; que de rudes épreuves ! La foi te soutenait, ô noble paysan ; Et, fidèle à l'Art pur, épris des routes neuves. Du Vrai seul tu voulus te fnotitrer partisan.

Au peintre de V Angélus,

Trop longtemps tu semas sans récolter la gerbe, Maître robuste et fier, ennemi du repos!

Ton habile crayon et ton pinceau superbe Ont cependant ouvert des liori^^otis nouveaux.

Mais voici la moisson ! Reçois ta récotnpense : La gloire arrive enfin... Tu n'entends pas sa voix, Car tu dors, ô chercheur! dans V éternel silence. Auprès de tes bergers, à Vonibre de tes bois,

Alexandre Tiedagnel.

iSSy.

Page 1