GRAVURES SUR BOIS ET LITHOGRAPHIES
La bergère.
Elle est assise sur un tertre, tournée vers la gauche, et tient dans la main droite un long bâton.
Au bas, la signature : J.-F. Millet.
Haut., 270 millim.; larg., 2I0 millim.
La femme vidant un seau.
Debout auprès d'un puits et tournée vers la gauche.
(1) Un amateur érudit, M. Alfred Lebrun, est certain que l'on a mis en plaisantant la signature de Ch. Jacaue sur le cuivre du Mouton paissant, gravé un soir par Millet, chez l'imprimeur Auguste Delâtre.
En outre des raretés artistiques désignées ci-dessus, M. Lebrun en possède quelques autres qu'il a minutieusement décrites dans un intéressant catalogue placé à la fin du beau livre de M. Sensier, publié six ans après notre étude, et dont nous avons déjà parlé.
Voici les titres et les dimensions des eaux-fortes en question :
C/m fxtit navire (60 millim. de hauteur sur 52 de largeur). Femme étendant du linge (92 millim. sur 94), Petit bêcheur au repos (40 millim. sur 70), L'homme appuyé sur sa bêche (Sj millim. sur 68), Les deux vaches (91 millim. sur i)5). Croquis divers: Un paysan assis, etc. (91 millim. sur 152) et Ramasseurs de varech (99 millim. sur 123). (Kote de 1S87J.
io8 Catalogue des eaux-for les.
elle verse le contenu d'un seau dans des vases placés devant elle.
Au bas, à droite : J.-F. Millet.
Haut., 14) millim.; larg., 95 millim.
Ces deux planches, gravées directement par Jean-Baptiste Millet, sur les dessins de son frère, dans la manière simple et large des tailleurs damages du XVI" siècle, nous ont semblé dignes d'être comprises dans l'œuvre original du maître (i). Nous devons signaler deux lithographies, dessinées sur pierre par J.-F. Millet, pour servir de titres à des romances.
La première, un Portrait de Chateaubriand, est de la plus grande rareté. Nous empruntons la description de la seconde à l'excellente étude publiée par M. Ph. Burt\', sur les eaux-fortes de Millet, dans le 11* volume de la Ga\etle des Beaux-Arts :
Où nONC EST-IL? (2)
« Ces mots semblent soupires par une jeune femme en vêtements noirs, accoudée à la balustrade d'une terrasse et qui presse contre elle ses deux enfants. »
(1) Six gravures sur bois, non moins difficiles & rencontrer, doivent être ajoutées à cette liste, d'après les précieuses indications de M. A. Lebrun : Paysan assis au pied d'un arbre (68 millim. sur 66), Tète de femme coiffée d'une marmotte (i\ millim. sur 2}), Petite bergère assise (52 millim. sur 53), Bêcheur au travail (100 millim. sur 98), Croquis de têtes d'lx)mmes, etc. (144 millim. sur 95) et Bêcheur au repos (199 millim. sur 132).
Ce dernier bois a été gravé par Pierre Millet, en 1874, sur le dessin de son illustre frère. Les cinq autres ont été taillés par J.-F. Millet lui-même. (Note de la nouxtlU édition.)
(2) La musique de cette romance est de Frédéric Lebel.
de J.'F. Millet. 109
Il existe de nombreuses reproductions des compositions de Millet. Nous n'en désignerons que quelques-unes, choisies parmi les plus remarquables : V Angélus, gravé par Waltner ; la Mort et le Bûcheron, Œdipe détaché de l'arbre, la Cueillette des haricots (i), planches gravées par Edm. Hédouin ; les Travaux rustiques, les Quatre heures du jour : quatorze pièces gravées siu" bois par Adrien Lavieille.
Citons encore les belles lithographies de MM. Mouilleron et Vemier, et le Berger et la mer, dessiné par Millet, pour la grande édition des Fables de La Fontaine, publiée par D. Jouaust (2).
(i) Cette composition, publiée dans VArt, a été aussi reproduite en lithographie par Emile Vemier. (Étrennes rares, dix magnifipies planches ttrees à cent exemplaires. M™« Le jeune, éditeur, Paris, 1872.)
(2) M. Alfred Lebrun est l'heureux possesseur de deux lithographies de Millet que nous ne connaissions pas : le Semeur (191 millim. sur ijé) et le Portrait d'Olivier de Serres, {)ublié à Privas, en 1858, en tète d'une biographie de ce céèbre agronome du XVI« siècle, écrite par M. Sensier, sous le pseudonyme de Reisnes (98 millim. sur 78). M. Lebrun signale également deux héliographies sur verre : la Précaution maternelle (28) millim. sur 22,) et la Femme vidant un seau (28 j millim. sur 22^).
Nous avons admiré, chez l'habile imprimeur d'eaux-fortes A. Salmon, de superbes épreuves, avant ta lettre, des Glaneuses de J.-F. Millet, et de la Pileuse (jeune bergère debout) du même maître. Les Glaneuses ont été supérieurement gravées par M. Ben Damman ; l' eau-forte de la Pileuse, non moins digne des plus vifs éloges, est due à M. Lionel Le Coûteux.
(Note de 1887.)
^ .ALEXANDRE 9IEDAGNEL
A propos de ses Souvenirs de Barbizox.
lAR votre pur Ixmtmage au peintre des Glaneuses, Vous m*avex^ rappelé les cimes lumineuses De la belle oasis, de la vieille forêt Oiifeus, dans mes douleurs, un heureux temps d'arrêt. Où Corot, Vun des fils chéris de la peinture, Un éternel amant de. la grande Nature, Devant un chêne assis, sur le boid du chemin, Comme le grec Phidias devant un coips humain. M'expliquait, à l'abri de l'ombre tutélaire, La vie et la beauté de l'arbre séculaire;
112 A Alexandre Piedagnel.
Car, pour lui, la Nature est un être animé Et qui, tel qu'un vivant, tnérite d'être aimé. C'est ainsi que Poussin, Ruisdaël, Claude Gelée, Dont l'âme ne s'est pas de ce monde envolée (Puisque Corot, Millet, quelques élus encoi' Tiennent, d'une main ferme, une palette d'or). Comprenaient l'Univers, loin des penser s moroses. Et revenaient, joyeux, du commerce des cljoses !
Votre Visite au peintre, liôte de Barli:^on, Est charmante en tout point, et vous ave^ raison ; Mais vous me demande:;^ mon sentiment sincère Et mon opinion toucJjant cette matière; Eh bien I je ne veux pas ici vous le celer, Poète, c'est en vers que vous devie:^ parler,
^Antoni Deschamps, Passy, 4 août 1868,