J.-F. Millet; souvenirs de Barbizon
Ah! combien tu V aimais, cette terre féconde D'où sortent, radieux, les blonds épis sacrés ! Le chêne t'a parlé, dans la forêt profonde; Les oiseaux amoureux te contaient leurs secrets.
Au peintre de V Angélus.
La source, le buisson, Vherhe, la fleur champêtre. Le vieux roc, caresse par le soleil levant. Quand tu les admirais, semblaient te reconnaître Et te dire: Merci! pour ce culte fervent.
Les humbles t'ont conquis. — Patients, énergiques. Courbant leurs fronts hâUs, bêchant avec ardeur, Fanant, sarclant, glanant, tous tes héros rustiques Apparaissent, remplis d'ime austère grandeur.
Ta vie était cachée, et ton puissant génie S'affirma par ton œuvre et non par des discours; Simple et grave, au milieu d'une famille unie. Tu travaillais pour elle, en observant toujours!
Que de luttes, jadis; que de rudes épreuves ! La foi te soutenait, ô noble paysan ; Et, fidèle à l'Art pur, épris des routes neuves, Du Vrai seul tu voidus te montrer partisan.
Au peintre de VAngehis. 7
Trop longtemps tu semas sans récolter la gerbe, Maître robuste et fier, ennemi du repos! Ton habile crayon et ton pinceau superbe Ont cependant ouvert des horizons nouveaux.
Mais voici la moisson ! Reçois ta récompense : La gloire arrive enfin... Tu n'entends pas sa voix, Car tu dors, ô chercheur ! dans l'éternel silence, Auprès de tes bergers, à V ombre de tes bois,
Alexandre TiEDAGNEL,