SÉJOUR A STRASBOURG
venu que le dit M. Vauxtravers doit lui écrire au plus tôt; ce dernier a fait tous ses efibrts pour retenir M. Rousseau chez lui, mais il n*a pu parvenir à y réussir. »
Voilà donc Rousseau sur le chemin de Berlin.
Il va revoir l'aimable gouverneur, et goûter enfin près de lui, sous le sceptre du redouté Grand-Frédéric, les charmes de la sécurité et d'une amitié partagée! Tout le monde en est persuadé et s'en réjouit. Lui-même le dit et le croit. Et pouvait-il mieux faire ? Mais les humains savent-ils jamais où le destin les mène?
A Strasbourg notre voyageur fait halte : il est fatigué, il se repose.... Bientôt le bruit de son arrivée se répand dans la ville; on assiège l'hôtel où il est descendu, il se cache, tremblant d'être connu; on l'acclame, on le fête, on joue le Devin du village^ personne ne se souvient, pas même les magistrats, de l'arrêt du Parlement qui condamne V Emile et son coupable auteur; c'est un enthousiasme imiversel.
Et bien, là encore, dans la bonne fortune comme dans la mauvaise, les amis de Neuchâtel sont auprès de l'exilé et l'entourent de soins et d'attentions.
Rousseau ne l'ignore pas. S'il peut écrire au