‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 61 sur 135 · CONSTITUTION DE LA COKSE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE LA COKSE

Sur ses sollicitations, un jeune. Écossais qui était venu le voir se rend en Corse, afin d'en étudier les habitants, leurs mœurs et .leurs lois. Lui-même songe à s'y rendre '. En attendant, il prend des notes, il examine, il réfléchit et jette sur le papier toutes les idées que ce sujet lui inspire. C'est là tout ce que produisit ce grand dessein ^. Plusieurs causes contribuèrent à ce résultat. D'abord, ainsi que Rousseau l'avait prévu, les vues du ministre de France, qui n' étaient point celles d'un législateur républicain ; puis, même avant que l'annexion eût lieu, et dans la chaleur du premier mouvement, il fîit tout à coup refi'oidi par certaines rumeurs parties de Femey, et qui tendaient à donner à toute cette affaire le tour d'une mystification. Voltaire, qu'on ne rencontre jamais dans l'histoire de Jean-

' Au mois de mars suivant, Rousseau forme le plan d*aller s^établir en Corse, mais il abandonne en même temps toute espérance de contribuer à la régénération politique de ce pays : « Sitôt que je serai parmi vous, n'attendez rien de moi sur le projet qui vous occupe. » Cette idée n'eut pas plus de suite que l'autre.

> Le projet de constitution pour la Corse et la correspondance avec M. de Buttofuoco sont à la Bibliothèque de Neuchâtel. Ces pièces ont été publiées par M. Streckeisen-Moultou, ainsi que le Técit de toute cette négociation, extrait de l'histoire de J.-J Rousseau, par Musset-Pathay. Voir le volume intitulé: Œuvres et Correspondances inédites de J.-J. Rousseau.

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