‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 68 sur 135 · LE DINER DE CRESSIER · texte numérisé non relu

LE DINER DE CRESSIER

cepté rhiver, il passait son temps entre Motiers et Neuchâtel ; je m'y rencontrais le plus souvent que je pouvais, et, dans mes séjours à la ville, je n'avais alors, à cause de Rousseau, d'autre table que celle de mon ami. »

Je n'ai rien voulu retrancher de cet épisode si. caractéristique et si amusant; tout y est vrai, pris sur nature; on reconnaît le susceptible Rousseau à chaque mot, il semble le voir et l'entendre. Cependant lui-même raconte l'origine de ses relations avec Dupe3n:ou tout autrement; ce serait à Mon-Lesi chez le colonel de Pury qu'elles auraient commencé, comme je l'ai dit plus haut d'après son assertion. Il ne parle ni de Cressier, ni de complot, ni de dîner, ni de mauvaise humeur. Lequel croire des deux récits?

Tous les deux je pense; ils ne se contredisent point absolument. L'un et l'autre reconnaissent une première rencontre au Val de Travers, et le colonel de Pury comme cause principale et véritable intermédiaire de la liaison de Dupeyrou et de Jean-Jacques. Que celui-ci ait oublié, ou omis, le voyage de Cressier, cela ne peut surprendre; ce n'était pas pour lui une de ces journées favorables qui restent dans la mémoire et dont on aime à renouveler l'image. Il en a pour-

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