‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 75 sur 135 · LE LIBRAIRE DU CHASSERON. I · texte numérisé non relu

LE LIBRAIRE DU CHASSERON. I

carte de M. Dufour. Tout à Tentour il n'y a et ne peut y avoir que des chalets habités pendant quatre à cinq mois de Tannée. H n'est pas téméraire d'affirmer qu'un libraire n'y a jamais fait ses affaires, ou nous serions bien dégénérés, car ceux de nos villes ne font pas fortune en général. Évidemment Rousseau a fait confusion; sa mémoire l'a trompé ^. Je n'oserai pas non plus garantir la parfaite exactitude de sa description ni l'existence de la manufacture de bas qui pouvait bien n'être que le métier d'un artisan comme il y en avait alors beaucoup dans les demeures isolées des, montagnes. Toutefois en faisant la part de la distance, de l'imagination et de l'art, ce portrait n'est point une image de fantaisie. La Robaila et ses environs, lieux sauvages, accidentés, bordés de rochers à pic, couverts de forêts, peuvent très-bien avoir produit sur Jean-

' Ne pourrait-on pas rattacher cette singulière assertion au succès qu*eut à cette époque une entreprise d'imprimerie et de librairie fondée à Yverdon par un Napolitain, M. de Félice. Yverdon est situé au pied du Chasseron, dans la plaine il est vrai et sur le lac de Neuchâtel, et Rousseau connaissait bien cette petite ville ; mais à l'époque où il écrivait ses Rêveries, tout était par moment bien confus dans sa tête. Je ne veux que hasarder une supposition et rappeler une chose presque aussi étonnante qu'un libraire au Chasseron : l'importance européenne que M. de CandoUe et M. de Félice donnèrent à une si petite place parleurs livres et leurs impressions.

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