LE CREUX DU VAN. I
pour la botanique, aucun site du Jura n'est supérieur à celui-là, ni peut-être égal ; il réunit le grandiose et le charmant, le gracieux et le terrible. C'est un cirque immense, ouvert à Test, d'une lieue de tour et de plus de 300 mètres de profondeur. Une paroi de rochers perpendiculaires en forme l'enceinte, et la plus admirable collection de fleurs alpines et de plantes rares couvre leur pied et leur sommet. D'en haut, on jouit d'une vue lointaine ravissante, en bas, du coup d'œil le plus étrange et le plus saisissant, n semble impossible l'ayant vu qu'on l'oublie. Aussi le silence de Rousseau et celui de d'Eschemy sur cet endroit si curieux sont-ils vraiment inexplicables. Qu'ils y aient été pourtant, je le répète, on ne peut en douter. Brot est à deux pas du Creux du Van. Réunis pour récolter des plantes, ils ne pouvaient négliger précisément le lieu le plus favorable à leurs recherches, lieu déjà célèbre parmi les botanistes et que connaissait le D' Gagnebin ', le chef de l'expédition. J'ose même
' Le nom de M. Gagnebin avec celui d'autres savants qui ont exploré cet endroit avant lui et depuis est inscrit sur un rocher d'assez difficile accès et qu'on a baptisé : la roche aux noms. Le nom de Rousseau ne s'y trouve pas.
En relisant la correspondance je rencontre ce passage dans une