‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 110 sur 132 · CARACTÈRE DES HABITANTS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DES HABITANTS

les souvenirs d'un homme de sens et d'esprit, il écrivait ceci sur le caractère des habitants du pays:

« La population de la principauté, enclavée entre deux nations entièrement différentes, a dû nécessairement se ressentir de ce double contact, et elle semble avoir reçu également l'empreinte du caractère allemand et de celui des Français. Ce singulier alliage se retrouve d'une manière assez marquée au Val de Travers, dont les habitants nous semblent tenir davantage du caractère des Français plus rapprochés d'eux et avec lesquels ils ont aussi plus de relations. Ainsi que ces derniers, ils sont prompts à s'enthousiasmer comme à se désenchanter, faciles à s'irriter comme à se calmer. L'histoire du Val de Travers offre plus d'un exemple de ces émotions, comme on disait dans l'ancien style, qui naissaient quelquefois pour de légers motifs, grossissaient, éclataient comme un orage, puis s'apaisaient en aussi peu de temps sans laisser même de fortes impressions, comme une onde soulevée par un coup de vent passager rentre dans le repos quand il a passé et l'on ne peut deviner en voyant sa surface unie que les flots étaient agités peu de temps auparavant. »

Rousseau parti, l'agitation se calma peu à peu et lentement; elle était si vive^ les couches profondes avaient été si fortement remuées, que le châtelain eut de la peine à protéger Thérèse jusqu'à son départ et jugea prudent de se réfugier à Couvet pour échapper lui-même aux vengeances

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