‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 131 sur 132 · LA MAISON DE ROUSSEAU, A MOTIERS. 4O · texte numérisé non relu

LA MAISON DE ROUSSEAU, A MOTIERS. 4O

qu'en partie. Tout le devant sur la rue a été reconstruit vers 1840; elle a perdu ainsi non-seulement son intérêt historique, mais sa physionomie vénérable où l'art ne manquait pas, ni le goût. On en peut juger par les belles fenêtres, élégantes et curieuses, qui restent encore dans la partie conservée et qui étaient reproduites sur la façade, comme on le sait par des témoignages sûrs. Nous avons donc pu les rétablir et les placer avec une parfaite certitude. La chambre de Rousseau, chambre à coucher et de travail, n'a pas été changée; elle est petite, mal éclairée, tournée au nord, sans autre vue que la cour étroite et triste de la maison voisine ; c'est là qu'on voyait encore, il y a peu d'années la planche attachée au mur en pupitre sur laquelle il écrivait debout.

La cuisine est à côté ainsi qu'une petite chambre, celle de Thérèse probablement. Ces deux pièces donnent sur la galerie. Lorsque Rousseau voulait éviter des visiteurs importuns et s'échapper, ce qui fut toujours une de ses préoccupations, il trouvait au bout de la galerie un escalier qui le conduisait à la grange et de là dans les champs.

Deux grandes pièces, au soleil levant sur la grande rue complétaient le logement de Rousseau, avec tout le rezde-chaussée pour entrée, caves et dépendances, sauf un petit logement occupé par un vieux honhomme. On voit qu'il ne lui manquait rien.

Motiers est d'ailleurs un riant village, dans une situation agreste et charmante. Il s'est groupé dans le xiii^ siècle autour d'un prieuré de bénédictins et d'une éghse, la première de la vallée, ce qui lui a valu son nom. Motte, Moiitier, en vieux dialecte roman veut encore dire église et monastère. Deux rivières aux eaux limpides et fraîches, aimées des truites, l'arrosent, et non loin de là, sur un

promontoire escarpé de la montagne, se dressent les tours mutilées du vieux donjon des seigneurs du pays^.

De plus, au temps de Rousseau, Motiers pendant l'été devenait le centre de la villégiature des principales familles deNeuchâtel. C'est là qu'il rencontra d'abord les Meuron, les Pury, d'Escherny, Dupeyrou et d'autres encore, qui tous devinrent ses amis et ses défenseurs.

En somme, on eût difficilement trouvé, dans le canton, à cette époque, un meilleur logis et un séjour plus agréable.

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