‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 15 sur 132 · ARRÊT DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

ARRÊT DU PARLEMENT

cet ennui et du pauvre diable qui en est la cause. La protectrice a disparu; il ne reste que la princesse hautaine et dédaigneuse. Preuve nouvelle que le pot de terre ne doit pas voyager avec le pot de fer et que sages sont les petits de mettre leur vie à l'écart des grands, ce que ne sut jamais faire Jean-Jacques.

L'arrêt même du Parlement en donne une preuve naïve et caractéristique. Après avoir indiqué les maximes condamnables, pernicieuses, qui, suivant « les gens du roi et M. Omer Joly de Fleury, avocat dudit seigneur roi portant la parole, » étaient contenues dans V Emile, et ne pouvaient produire que « des hommes préoccupés du septicisme et de la tolérance, abandonnés à leurs passions, concentrés en eux-mêmes par l'amourpropre, ne connaissant d'autre voix que celle de la nature^ » l'arrêt donne ce dernier et singulier argument : « Que l'auteur de ce livre n'ayant point craint de se nommer lui-même, ne saurait être trop promptement poursuivi; qu'il est important, puisqu'il s'est fait connaître, que la justice se mette à portée de faire un exemple tant sur l'auteur que sur ceux qu'on pourra découvrir avoir concouru soit à l'impression, soit à la distri-

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