‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 57 sur 132 · DANIEL DE PURY. I · texte numérisé non relu

DANIEL DE PURY. I

« Il faudrait, monsieur, que je fusse le plus ingrat des hommes^ pour n'être pas sensible et à l'intérêt que mes maux vous inspirent et à la peine que le désir de mon soulagement vous a fait prendre en ma faveur. Il est vrai qu'ayant épuisé vainement toutes les ressources de l'art, et toutes les lumières des plus célèbres artistes, sans qu'on ait pu parvenir à connaître même le genre de mon mal, j'ai renoncé depuis longtemps à tout raisonnement sur cette matière; et il est vrai encore qu'étant conformé par le corps ainsi que par la tête si différemment des autres hommes, que tout ce qui les soulage me nuit, je ne puis tirer de vos instructions, monsieur, d'autre bien que la preuve de vos bontés pour moi. Mais cela même est un très grand bien, sinon pour mon corps, au moins pour mon cœur, et si ce n'est pas soulager mes maux, c'est m'en consoler du moins en partie, que de m' apprendre qu'ils sont plaints par des personnes de votre mérite.

)) Recevez, Monsieur, je vous supplie, avec les témoignages de ma vive reconnaissance, mes salutations et mon respect. »

La première lettre de ce bon Monsieur Daniel Pury était anonyme; il l'avait fait remettre à Rousseau, en décembre 1762, par M. Jonas Jequier, de Fleurier, justicier ^, en même temps qu'un ouvrage à ses yeux décisif, et sur lequel il comptait pour convertir le philosophe : La vérité de la Religion Chrétienne, par M. Denyse, professeur à l'Université de Paris. 17 19.

» Membre de l.i Cour de justice.

Page 1