LE PASTEUR DE COUVET. 24 I
Messiade de Klopstock et laissa deux volumes de sermons qu'on lit encore ^.
L'éloge de M. de Pury semble donc tout à fait justifié et Rousseau pouvait en toute confiance se réfugier sous la houlette pastorale de M. Simon Petitpierre. Néanmoins, il refusa l'offre qui lui était faite. Couvet était trop près de Motiers et le Val de Travers était trop près de Genève. Il l'explique dans la lettre qu'il écrivit de l'île de Saint-Pierre le 15 septembre avec cette suscription :
« A Messieurs, » Messieurs de la Communauté de Couvet, à Couvet.
» Si je disposais de moi selon mes désirs, c'est au milieu de vous que je voudrais vivre; et si la sûreté parmi d'honnêtes gens pouvait me suffire, je ne la chercherais pas ailleurs. Mais, messieurs, j'ai besoin aussi de la paix et vous avez des voisins qui, malgré vous, ne m'en laisseraient pas jouir. La conduite la plus irréprochable, le désir d'être utile à tous, la protection des lois, du prince, du gouvernement, du magistrat, qui n'ont pu me garantir chez eux de leurs mains ne me garantiraient pas chez vous de leurs langues. Il faut vivre loin d'eux comme de ces
ï Voir sur ces hommes distingués l'excellent travail de M. Ch. Berthoud : Les quatre Petitpierre. Neuchatel, Wolfrath et Metzner. 1875.