‹ J. J. Rousseau, ses amis et ses ennemisChapitre 13 sur 50 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

ÏBuieuv A' Emile repose au Panthéon ; mais il n*en a pas moins droite la statue qui décore Tîle des Barques, et .sa patrie s'est honorée en la lui élevant. Genève, par cet acte d'intelligent patriotisme, a fait preuve de libéralisme religieux. Pour ceux qui apprécient à sa jusle valeur cette noble cité si peu et si mal connue en France S pour ceux qui aiment non-seulement son aimable hospitalité, ses riants et pittoresques environs, son agreste Salève, son beau lac ; mais aussi, mais surtout, son Terme esprit patriotique et républicain, son goût pour les sciences, son respect pour les lettres, sa culture morale si approfondie, si raffinée, son inébranlable piété qui, e^pcr rons le, se transformera sans s'affaiblir; pour ceux-là, disje, l'érection de la slatue de Rousseau, en leur prouvant une fois de plus l'étroite parenté littéraire, philosophique et morale qui existe enlre Genève et la France, a été le sujet d'une vive satisfaction, au lieu d'être un molifde mécontentement et de jalousie.

Le monument élevé à Rousseau par ses compatriotes exprime admirablement et symbolise en quelque sorte cette alliance, appelée dans l'avenir à se consolider et à se resserrer, non par les calculs et les violences de la politique, mais en vertu du penchant irrésistible qui attire les uns vers lés autres les esprits capables de savourer le beau, de pratiquer le juste, de connaître et d'ainier le vrai.

. Saintp^loud, 27 décembre 1864.

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