‹ J.-P. Brissot: Mémoires (1734-1793) (volume 2)Chapitre 44 sur 63 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

paRIS (1774-1778)

Étant à Paris, la nuit, par la barrière de la Conférence (1); c’est l'entrée la plus brillante de Paris. La rivière, les ponts, les Champs-Elysées, le jardin des Tuileries, tout offrait à mes yeux des points de vue ravissants. Les quais étaient illuminés, ce spectacle m'enchanta; on portait alors le deuil de Louis XV (2), je le pris avec l’épée ; on me dit qu’on n’était admis nulle part sans cette étiquette. \Malgré mon deuil et mon épée, je devais avoir un air fort provincial et fort gauche. Je n'ai jamais aimé cette manie embarrassante de longue rapière. Quand je quittai Paris, en 1779, pour demeurer à Boulogne-sur- Mer, j'en ai abjuré l’usage pour jamais ne le reprendre.

Mes premières connaissances furent très circonserites et très modestes. Elles se bornaient à deux familles estimables quoique dans une classe obscure et peu honorée, M. Aïanon, traiteur, et M. Legrain, facteur sur la Vallée (:).

(1) La Porte de la Conférence, au bord de la Seine, à l'extrémité S.-0. du Jardin des Tuileries, — déjà démolie en 1774, — donnait accès au quai de la Conférence, qui s’allongeait le long du fleuve jusqu’à la Pompe à feu de Chaillot. C’est là sans doute qu'était la Barrière de la Conférence, &Vant que l’enceinte des fermiers-généraux n’eût reporté les barrières plus loin.

(2) Mort le 10 mai 1774.

(3) Le marché de la Vallée (volaille et gibier), sur le quai des Augustins.

C’étaient des amis, des correspondants de mon père, gens obligeants et encore plus aimants qu’aimables. La simplicité, la bonhomie régnaient dans ces familles, et ces vertus ont toujours eu pour moi un attrait particulier. J'y étais à mon aise, j'étais comme avec des parents. |

Je me rappellerai toujours avec plaisir la bonne madame Legrain, le ton avec lequel elle vous faisait des histoires, l’attention qu’elle vous prêtait en vous écoutant. Je n’ai point oublié la première que son mari lui conta devant mai et les yeux qu’elle ouvrait. Il s'agissait du bourreau de Soissons (les journaux en ont, je crois, parlé) dont la femme, des plus jolies, avait gagné le cœur d’un lieutenant-criminel des plus galants. Le bourreau s’étant aperçu que le lieutenant-criminel lui portait depuis quelque temps un intérêt plus vif, et qu’il l’envoyait pendre à droite et à gauche beaucoup plus souvent que de coutume, arrive au logis une belle nuit qu’on ne l’attendait pas. Sa femme n’est pas seule dans son lit... Il va faire rougir le fer dont il marquait les criminels, et, revenant subitement, ül l’appuie sur l’épaule nue du magistrat! Celui-ci, auquel la douleur avait arraché des cris perçants, ne craignit pas de divulguer son affront. Mieux valait pour lui qu’on reconnût à la marque qu’il portait une vengeance de mari plutôt qu’une flétrissure de bourreau. Il dénonça l’homme qu’il avait outragé, le fit arrêter, et condamner au fouet et aux galères. Il y avait trois ou quatre ans que M. Legrain avait vu ce malheureux à la Conciergerie ; il était alors jugé en première instance et allait subir son jugement. Madame Legrain prétendait que, pour que justice fût faite, il eût fallu forcer le lieutenant-criminel à se charger une seconde fois des fonctions du mari, et lui donner commission d'exécuter la sentence sur la place publique.

Quand j’eus parcouru Paris dans tous les sens et examiné, comme on le fait en courant, ses monuments les

plus remarquables, l’étude de mon procureur, les promenades et les spectacles remplirent tous les intervalles de ma journée. Ma passion pour le spectacle était dans toute sa vivacité. Voir représenter sur la scène ces chefs-d’œuvre dont je n’avais vu que la lettre morte dans mon cabinet ; entendre ces Roscius dont la célébrité m'était arrivée grossie dans ma province ; me trouver peut-être face à face de ces poètes que je me figurais la vivante image des Sophocle et des Térence, comme tout cela agitait mon imagination, excitait mes désirs, avant que je n’eusse pu écouter les uns et toiser les autres de la tête aux pieds !

(1) Les beaux jours du théâtre étaient passés. La scène française était en proie aux Laharpe, aux Marmontel, et à cette foule de littérateurs du second ordre qui, pour être tombés de chute en chute au trône académique, se croyaient des hommes de génie et régentaient insolemment le Parnasse. J'ai vu Cléopâtre, que l’on a tant sifflée (2), Menzikoff, et les Barmécides, et Gustave ; on ne jouait déjà plus qu’en province ce Warwick, pièce assez purement écrite, mais d’un faible

(1) On peut suspecter l’authenticité des pages qui suivent (p. 69-75). Il y a trop peu de détails personnels ; il est surprenant que Brissot s’interrompe au milieu de ses souvenirs pour s’abandonner à une longue digression sur le théâtre en 1774. Tout le morceau semble être l'œuvre d’un écrivain de 1830 suffisamment documenté sur les auteurs dramatiques et les acteurs des soixante années précédentes. Il se peut aussi que M. de Montrol ait « nourri », avec des détails recueillis çà et là, des notes de Brissot qu’il jugeait un peu trop maigres.

Quant aux pages qui viennent ensuite, sur l’abbé Terray(p. 77-81), sur Linguet et la presse à cette époque (P.82-101), elles peuvent bien être de Brissot (sauf intercalations çà et là), mais je doute qu’il les ait écrites dans sa prison. Aurait-il eu la liberté d’esprit et la documentation nécessaires ? C’est sans doute un des morceaux déjà rédigés en 1785 et en 1790-1791 (voir mon Etude critique). Je donne donc ces pages en plus petit texte.

(2) Ce devait être une reprise, car la première représentation de cette pièce de Marmontel est du 20 mai 1750. — Menzikoff, de Laharpe, est de 1776 ; les Barmécides, du même, de 1778 ; — pour son Gustave Wasa, qui est de 1766, c’était une reprise; — Warwick, sa première tragédie, est de 1763.

intérêt et dénuée de ces tableaux qui étonnent et donnent à l’âme de violentes secousses. Il n’y eut jamais ni vigueur, ni vérité dans Laharpe, et je suis tout surpris maintenant de son ardeur républicaine (1). Oh ! qu'il a bien choisi son temps pour avoir de l’âme et s'inspirer !

C'était alors un petit personnage rauque et arrogant, qui, jusque dans la rue, se donnait des airs de monseigneur échappé d’un ministère, parce qu’il sortait du Mercure (2), singe manqué de Voltaire, recherchant le style ironique, antithétique, et ne trouvant guêre que celui de l’Académie; style que l’on croit harmonieux parce qu’il est ronflant, plein de goût et d'esprit parce qu’il est sans chaleur et entortillé.

Lui et sa cabale se piquaient de conserver seuls les traditions de la véritable tragédie ; nous avons vu leurs œuvres tragiques! Et ils osaient proscrire les drames attendrissants de Lachaussée! Ils leur reprochaient de présenter à l’esprit de trop noires idées, de trop funèbres images. J’ai entendu l’aristarque Marmontel, pérorant comme s’il eût été en chaire, tranchant comme dans une page du Mercure, toujours pédant et partout, déchirer avec suffisance et dédain le Vindicatif de Dudoyer (3). Je ne défendis point Dudoyer parce qu'il était mon compatriote, ni que je prétendisse que son ouvrage fût un chef-d'œuvre, mais parce que Marmontel enveloppait dans la proscription tous les drames anglais et ceux qui aiment à les voir représenter. Je ne doute pas qu’il y ait des cerveaux trop faibles pour soutenir le spectacle de quelques-unes de ces pièces, mais il est aussi des âmes d’une trempe dure et qui demandent à être fortement ébranlées. Tels sont les peuples du Nord, et parmi nous une foule de personnes : nos plus sombres tragédies n’ont pas le talent de les toucher. Il leur faut les cris de la mort, ses angoisses, son agonie ; il leur faut du sang. Laissez donc à ceux qui les aiment ces scènes som-

(1) C’est dans sa leçon d’ouverture du Lycée, le 3 décembre 1792, que Laharpe récita un Hymne à la Liberté d’une ardeur républicaine dont beaucoup furent surpris.

(2) Laharpe était entré au Mercure en 1768.

(3) Gérard Dudoyer de Gastels (1732-1798), né à Chartres. Le Vindicatif, drame en cinq actes et en vers libres, est de 1774.

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bres et sanglantes. Du moins ce sang qui coule au théâtre ne fait de mal à personne.

J'aime la terreur que m'inspire une forêt obscure, et ces caveaux lugubres où l’on ne rencontre que des ossements et des tombeaux. J’aime le sifflement des vents qui annonce l'orage, ces arbres agités, ce tonnerre qui éclate ou gronde, et ces torrents de pluie qui roulent à grands flots. Mon cœur frémit, ému, froissé, déchiré ; mais c’est une émotion qui lui paraît douce, car il ne peut s’en arracher. Il y a pour moi dans cet instant un charme horrible, un plaisir que je sens mieux que je ne peux le définir : voilà sans doute l’impression que produisent Shakespeare et les dramaturges qui l’ont imité. Si ce spectacle plaît, attache, intéresse, pourquoi faire un crime de l’aimer ? ce n’est point un défaut de goût, mais un besoin de l’âme. Pourquoi d’ailleurs prêcher toujours l’imitation de la nature, et vouloir en effacer les images ?

Hélas! moi qui comprenais son langage libre et sauvage, quel désappointement j’éprouvai en écoutant Shakespeare affadi, aplati, mutilé ! Et cet Hamlet (1), débitant des vers aussi durs que ceux d’Hypermnestre (2)! Mais il faut avouer que toutes ces pièces avaient quelquefois d’admirables interprêtes. C’était Brizard (3), Molé (4), Monvel (5) et le jeune Larive (6), qui avait à se consoler de Clairon (7), dont il était l'élève, et de Lekain qu’il voulait remplacer. C’étaient les Vestris (8), les Raucourt (9), les deux Sainval (10), et cette

(1) L’Hamiet, de Ducis, est de 1769.

(2) Hypermnestre, tragédie de Lemierre (1758).

(4) (1734-1802). C’est en 1778 qu'il tint les grands emplois.

(5) Jacques-Marie Boutet, dit Monvel (1745-1812).

(6) (1747-1827). Il était à la Comédie-Française depuis 1770, et il y tint les premiers rôles après la mort de Lekaïin, en 1778.

(7) Mie Clairon (1723-1803) avait quitté la Comédie-Française depuis 1765,à la suite de son emprisonnement au For-l’'Evêque pour avoir refusé de jouer avec le comédien Dubois, que ses camarades considéraient comme taré (Corresp. litt., VI, 256 et suiv.), mais qui était protégé.

(8) Mme Vestris (1743-1804), sœur de l’acteur Dugazon.

(9) Mlie Raucourt (1753-1815).

(10) Marie-Pauline-Christine d’Alziari de Roquefort, dite Sainval

Melpomène affreuse et terrible qui demandait, dit-on, ses inspirations tragiques à Bacchus (1). Mais tout cela ne paraissait que rarement, car tout cela vieillissait ou courait le monde et les amants, ou était de temps à autre enfermé au Forl'Evêque. Je n’aivu ni Dangeville, alors retirée du théâtre (2), ni cette Zaïre pauvre et délaissée, et que sur la fin de ses jours on ne laissait plus jouer que par charité (3), ni Clairon, gardant rancune à Paris et réfugiée chez le margrave d’Anspach.

J’ai vu Lekain, ignoble de figure, de tournure ignoble, affreux à regarder en passant, et sur la scène souvent beau jusqu’au sublime. Mais souvent aussi quel débit monotone, noté, cadencé, ou quelle déclamation ampoulée, quels cris de forcené! Comme mademoiselle Clairon, il ne se montrait qu’à de longs intervalles ; et quand il jouait, la salle était encombrée. Heureux qui pouvait y pénétrer. Je dus à Monvel de jouir de ce bonheur la dernière fois qu'il parut dans Gengiskan (4). Monvel et Dugazon avaient des relations avec M. Nolleau, et je fis chez lui leur connaissance. C'était une bonne fortune pour moi quand je les rencontrais. et que par leur protection je pouvais entrer à la Comédie ; car mes économies ne me permettaient pas d’y aller aussi souvent que je l'aurais désiré. J’ai toujours conservé de l’amitié pour Dugazon, qui était si comique au théâtre, plus comique encore à la ville, et dont les charges grotesques m'ont alors si souvent égayé. Je ne l'oublierai point racontant ses infortunes conjugales à madame Nolleau : mais on ne peut répéter ces choses-là.

Dugazon (5) laissera la réputation de l’un de nos meilleurs

aînée, qui avait débuté le 5 mars 1766, et qui quitta la Comédie-Francaise en juillet 1779, à la suite d’une affaire dont il sera parlé plus

loin ; sa sœur, Marie-Blanche, dite Sainval cadette, débuta en 1772

et se retira en 1792, pour ne mourir qu’en 1839.

(1) Me Dumesnil (1711-1803) ; elle se retira le 7 avril 1776 (Corresp. littéraire, t. XI, p. 303, note de M. Maurice Tourneux).

(2) Mie Dangeville (1714-1796) avait quitté le théâtre en 1763.

(3) Mile Gaussin (1711-1767) avait crééle rôle de Zaïre en 1732. Il n’est pas étonnant que Brissot n’ait pu la voir, puisqu'il ne vint à Paris qu’en 1774, sept ans après qu'elle était morte!

(4) Gengis-Khan ou l Orphelin de la Chine, de Voltaire, est de 1755. (5) Dugazon (1743-1809) devint, en 1793, aide-de-camp de San-

acteurs et de l’un des hommes les plus plaisants de notre temps. Il est devenu fervent révolutionnaire ; je lui en sais gré, mais je ne sais pourquoi j'ai regretté qu'il quittât la livrée des valets comiques pour servir militairement les gens qu’il a servis. Peut-être n’a-t-il cru faire qu’une nouvelle plaisanterie, mais les temps sont tragiques et il aura raison de retourner à son premier métier.

J’ai perdu les bonnes grâces de Monvel pour une cause assez singulière. Il avait recruté dans je ne sais quel lieu, peutêtre dans la rue, une fille à l’accent provincial, à la voix de taureau, plus longue que la Raucourt et grosse à proportion. On l’appelait mademoiselle Mars (1). Au lieu de se contenter de la garder chez lui pour sa maîtresse, il voulut la donner au public pour tragédienne. Il lui manquaïit à peu près tout pour réussir ; elle n’avait ni grâce, ni dignité, ni maintien ; nuls moyens, nulle intelligence ; une tête superbe, mais d’âme point. « Bah! lui dit étourdiment Guillard, auquel il parlait de son projet devant moi, vous l’avez retirée du... pour la mettre au théâtre ; c’est la fairetomber de Charybde en Scylla.» Je ne comprimai point un léger sourire, et depuis ce temps Monvel me battit froid. Cependant nous allâmes applaudir mademoiselle Mars, qui débuta dans Phèdre ; elle eut beaucoup de succès ce jour-là, mais la suite de ses débuts fut moins heureuse. -

L’espèce de proscription qu’a subie Monvel et les motifs secrets qui l’ont éloigné du théâtre (2) m'ont empêché de

terre, avec le grade de sous-lieutenant au 1°" bataillon d'infanterie légère (L. Hennet, p. 14-16). Il fit, pendant la Révolution, des pièces de circonstance qui furent jouées au théâtre de la République, rue de Richelieu, entre autres l’ Emigrante ou le mari Jacobin (24 octobre 1792). Au moment où cette pièce fut représentée, Brissot était déjà brouillé avec les Jacobins, qui l’avaient radié,et c’est précisément de ce jour-là qu’est datée la réponse qu’il leur adressa (A fous les Républicains de France).

(1) Marie - Madeleine Dautel, dite Mie Mars (voir Corresp. littéraire, t. X, p. 223, et Mémoires secrets, 7 juin 1778). De sa liaison avec Monvel naquit, en 1779, la célèbre M!te Hippolyte Mars.

(2) Monvel quitta le théâtre en 1781, pour des motifs mal connus, et se rendit en Suède, où il fut lecteur du roi. Revenu en France en 1786, il se jeta avec ardeur dans la Révolution.Le10 frimaire an II

regretter beaucoup la rupture d’une liaison à peine ébauchée et qui séduisait bien plus Guillard que moi-même. C’est un homme spirituel, d’une rare intelligence, un véritable artiste ; car, avec la figure, la taille et l’organe les moins propres à la scène, il y a obtenu les succès les plus mérités. Nolleau disait qu'il n’y avait dans lui que son talent qui fût moins long que son nez. Il a fait des comédies charmantes. J’ai applaudi de tout mon cœur à son Amant bourru (1). Il avait donné, avant que je ne fusse à Paris, une petite pièce, l’Erreur d’un moment (2), pièce oubliée dont on a dit :

Monvel, las de nous faire rire, Hélas! se livre au larmoyant.

Fasse le ciel que ce délire

Ne soit que l’Erreur d’un moment.

Il a réparé cette erreur en donnant les Trois Fermiers (5), et j'avoue que rien ne m’a jamais fait plus de plaisir que le premier acte de cette comédie. La pièce entière, mais cet acte surtout, présente un tableau touchant des mœurs villageoises : tout dans les peintures d’amour respire le sentiment et la pureté de la vertu. Il y a de la gaîté sans bouffonnerie, de l'esprit sans bel-esprit, de la naïveté sans fadeur. Personne, ce me semble, n’a jamais fait parler les paysans dans un langage plus ingénieux et plus vrai. La Matinée du 14 juillet (4) et les Victimes cloîtrées (5), que j'ai louées dans mon journal, seront plus vite oubliées que ce premier ouvrage de Monvel. Il a embrassé avec enthousiasme les idées nouvelles ; elles le purifieront de ce que ses mœurs ont eu d’analogue à celles de l’ancien régime. Il faut qu'avec le républicanisme les

(30 novembre 1793), Monvel, dans la chaire de Saint-Roch, vêtu d'une dalmatique tricolore, célébra la fête de la Raison (voir Aulard, le Culte de la Raison, p. 103).

(1) Comédie en vers libres, 3 actes, 1777.

(2) 1773, un acte en prose, mêlé d’ariettes.

(3) 1777, deux actes en prose, mêlés d’ariettes.

(4) Joué en 1790.

(5) Quatre actes en prose, représentés au Théâtre de la Nation, le 28 mars 1791. J’ai vainement cherché, au Patriote français, les articles dont parle Brissot, mais ils peuvent s’y trouver, car rien n’est plus décevant que le dépouillement d’un journal.

vertus austères pénètrent partout, même au théâtre. Je ne m'étonne point que des hommes habitués à s'identifier avec les Brutus et les Caton trouvent dans leurs âmes de nobles inspirations, et quelquefois un penchant vers l’exagération, qui semblent les rapprocher de leurs modèles héroïques ; mais qu’ils laissent à des garçons bateleurs à prendre dans leurs écrits, dans leur langage et dans leur personne, la sale démagogie et la nature des corps-de-garde et des ruisseaux.

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