‹ J.S. Bach (volume 2)Chapitre 30 sur 64 · B.-G., io · texte numérisé non relu

B.-G., io

LES CANTATES APRÈS 1727 iSg

pagnés par quatre hautbois (deux hautbois d'amour et deux hautbois de chasse). A la fête de la Pentecôte se rapporte le cantate Wer mich liebet, der wird mein Wort halten (2^ version) ^

Dans le même groupe se place la cantate pour le lundi de la Pentecôte Also hat Gott die Welt geliebt-. « Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son fils unique afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent point, mais parviennent à la vie éternelle ». Le premier chœur, fait d'après ces paroles de l'Evangile de saint Jean (c. III, V. r6), est composé sur un rythme ondoyant de siciliano, cadencé par le quatuor à cordes renforcé de trois hautbois. Comme dans certains chœurs écrits sur un choral, un cor joue à l'unisson du soprano. Ce surcroît de sonorité affermit la voix supérieure au milieu du cortège flottant que lui forment les instruments et les autres voix. La mélodie se dégage ainsi des replis de l'accompagnement et l'on en distingue mieux la suite quand, marquée par le cor, elle domine le reste du chœur. Mais, à vrai dire, son chant ne l'emporte point sur le chant de l'orchestre. Ce dernier se répand en larges phrases sinueuses, tendres et caressantes, rehaussées

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d'accents expressifs, et le charme de cette longue cantilène instrumentale est le plus puissant. Tour à tour elle nous berce et nous enlève, d'autant plus irrésistible en ses élans qu'elle nous a captivés d'abord par son murmure continu et balancé.

L'air qui suit est un des airs les plus populaires de Bach. Dans la partie de violoncello piccolo ^ reparaît la basse de l'air pour soprano de Paies, dans la cantate profane Was mir behagt^ ist nur die muntre Jagd'. M. Richard Buchmayer a fait entendre dans ses concerts des dernières années un air de Christian Ritter qu'il a découvert à la bibliothèque de la ville de Liineburg et dans le thème duquel il reconnaît le présage du thème de cet air fameux de la Pentecôte. Ce thème d'allure spontanée s'est d'ailleurs offert à l'imagination de plusieurs maîtres au commencement du xviii" siècle. Observons cependant que Bach l'énonce par deux fois, comme Ritter.

A cet air est jointe une sorte de péroraison instrumentale basée sur le motif du violoncello piccolo. Le violon et le hautbois, qui n'ont pas figuré dans l'accompagnement, reprennent ce motif en imitations. C'est un prolongement où

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