‹ J.S. Bach (volume 2)Chapitre 38 sur 64 · I. Voyez page 64 de celle élude · texte numérisé non relu

I. Voyez page 64 de celle élude

a. Élude sur J.-S. Bach, 181)9, P- ^°3.

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laire, qui a des tons pour toutes les émotions. Il serait bien difficile d'analyser ici en détail cette œuvre étonnante de grandeur tragique et de piété douloureuse. J'insisterai cependant sur les récitatifs et sur certains passages en forme d'arioso, auxquels, il faut bien l'avouer, les traductions françaises nuisent infiniment et qui, pour cela, restent souvent presque inaperçus des auditeurs. Le texte de l'Ecriture y est déclamé dans un style qui nous annonce le style des plus beaux récitatifs wagnériens. C'est une magnifique prose musicale. Elle vit comme un langage spontané que des gestes animent et complètent. Dès que le sentiment l'emporte, elle se déploie : toujours nombreuse, elle devient alors lyrique et son éloquence se répand en libre mélodie ^ Dans les récitatifs du Christ, l'accompagnement des violons met une lumière surnaturelle. Bach renouvelle ainsi le procédé des Italiens qui environnent des harmonies des instruments à cordes les discours des personnages merveilleux qui interviennent dans l'action. M. William Cart remarque très justement que, « dans le récit du dernier repas du Christ, Bach a mis en relief les deux moments principaux, la réponse de Jésus à Judas et l'institution de la Cène, l'une par une

I. Voyez l'excellente étude de 51. le D^ Alfred Heuss Dacks lîezi^ iativbeliandlung mit bcsonderer Beriicksichtigung der Passionen {Dach-Jahrbuch 1904).

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phrase des violons, un long regard plein de tristesse, l'autre par une mélodie large et admirablement accompagnée^. » Ce dernier passage est un des plus beaux témoignages de l'art inspiré avec lequel Bach sait traiter la forme si souple de Varioso '.

Nous rencontrons encore, dans l'œuvre de Bach, d'autres compositions où les l'êtes de l'Eglise sont célébrées par une sorte de représentation religieuse. On a donné à ces compositions le nom (ÏO/rito/'ios. Spitta les considère comme un renouvellement des spectacles religieux du moyen âge plutôt que comme des oratorios proprement dits, et il juge plus rationnel de les désigner sous le titre de Mystères^. J'ai déjà cité VOratorio de Pâques [Komnil, eilet und laufet"), où, dans l'introduction d'orchestre, se manifeste l'allégresse causée par la résurrection, et où soupire la plainte des fidèles, que le souvenir de la mort du Sauveur attriste encore. La cantate pour la fête de l'Ascension, Lobet Goll in

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