I. B.-G.. II
a. \o\c/. Spitla, J.-S. Bacli. II, p. SS<).
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reste intangible, Bach Fécrit dans les notes graves du soprano.
Le Weihiiachts-Oratoriiim ' qui complète la série de ces œuvres de dénomination particulière est destiné à célébrer plusieurs fêtes successives, non seulement le jour de Noël, mais encore les solennités qui suivent et forment comme un « temps de Noël », le « Temps des douze Nuits » qui s'étend de la Nativité à l'Epiphanie.
Cette œuvre est ainsi composée de six parties distinctes. Les trois premières sont consacrées aux trois jours où l'on fêtait la naissance de Jésus (25, 26 et 27 décembre). La quatrième partie est faite pour le jour de l'an, la cinquième pour le dimanche qui suit, la sixième pour l'Epiphanie. Chacune de ces pièces, prise à part, semble conn)lète. Et cependant, quand on les réunit, elles se rejoignent en un tout bien forgé. Les six cantates de YOralorio de Noël no sont pas en effet simplement juxtaposées : un lien de ressemblance les rattache les unes avec les autres, elles sont étroitement apparentées. La trame du sujet leur est déjà commune, et elle se développe en chacune d'elles sous des formes analogues. Les six cantates sont, presque toutes, de mômes proportions et de mêinos dehors. De plus, cette œuvre est une par l'ospril, et la con-
tinuité du style y est produite par la continuilé du sentiment. C'est en effet un poème de la joie qui se déroule dans les six chants du Weilinachts- Oratorium. Et toutes les variétés de la joie y sont représentées.
Pour dépeindre la joie triomphante, Bach n'a pas craint de puiser dans ses œuvres profanes. Le premier chœur commence à peine que nous en sommes avertis. Ce début d'oratorio est d'allure héroïque et presque martiale. Les timbales y résonnent à découvert, on entend des trilles de flûtes, puis de hautbois, une vague impétueuse des violons traverse l'orchestre, enfin la clameur des trompettes retentit, flamboyante, et les voix, à l'unisson, annoncent aux auditeurs qu'ils doivent se réjouir. C'est une invitation violente à la joie. Début bien différent de ces chœurs d'entrée touffus, où Bach étale autour de quelque thème de choral l'étoffe large de ses motifs ondoyants, et l'étend comme un tissu magnifique suspendu aux arbres d'une forêt pleine de visions. Là, toutestprofondeur ; ici, tout est mouvement. Claire et impérieuse, cette musique chasse les rêves flottants. Elle entraîne, elle contraint : on ne peut résister à cet ouragan d'allégresse.
A ce chœur, pris dans le Dramma per Musical, composé en 1733 pour l'anniversaire delà