B.-G.,XXXIV
des nuits claires, en y trouvant Timage d'un ciel aux profondeurs cristallines, où des étoiles scintillent d'un éclat bref. Le balancement égal et continu des rythmes évoque Tharmonieux pèlerinage des astres au travers des espaces nocturnes, que des anges sillonnent aussi, d'un vol doucement cadencé, et les hautbois des pâtres semblent répondre, de la terre, à ce concert des cieux.
Les airs de cette seconde partie sont empruntés aux œuvres profanes que nous avons déjà citées. L'air de ténor, dont le thème reparaît dans une pièce de clavecin, est tiré du Dramma en l'honneur de la Reine, et l'air d'alto vient du Choix cCHercule. Déjà dans cette œuvre, c'était une berceuse : ici, la mère de l'enfant divin la chante auprès de la crèche. On a observé que Bach avait transposé dans une tonalité plus grave cette mélodie par laquelle la Volupté voulait charmer le jeune Hercule. En outre, il ajoute les hautbois, et une flûte qui joue une octave audessus de la voix. Le coloris de l'accompagnement devient ainsi plus sombre, et la voix unie à la flûte prend un caractère presque surnaturel.
Après un chœur où Bach paraphrase avec audace le « Gloire à Dieu au plus haut des cieux », et traduit le u Paix sur la terre » par des accords douloureux qui représentent bien plutôt le désir
igs J.-S. BACH
de la paix que la paix elle-même, la deuxième partie se clôt par le choral de Noël, accompagné des motifs de la Sinfonie jouée en prélude à cette seconde cantate de l'oratorio.
Dans la troisième partie, le second chœur, très pittoresque, doit être signalé, ainsi que le bel air d'alto avec violon solo.
Le premier chœur de la quatrième partie est encore emprunté à la cantate Hercules auf dem Scheidewege. Destinée au i" janvier, cette cantate est consacrée à l'adoration du nom de Jésus. Après le récit où l'évangéliste rapporte en quelles circonstances l'enfant reçut ce nom, la basse récite une série d'invocations à Jésus, et le soprano chanté un arioso^ sans que la basse interrompe ses magnifiques effusions, ce qui produit un mélange extrêmement remarquable de langage musical et de libre mélodie. Après l'air « de l'écho », pris dans le Choix d'Hercule, un duo, analogue au précédent, glorifie le nom de Jésus. A eux seuls, ces duos mériteraient, tant à cause de la liberté de la forme que pour la force de l'expression, une étude approfondie.
Un chœur étincelant, fortement rythmé, aux consonances pleines, sert d'introduction à la cinquième partie de l'oratorio qui contient une sorte d'ode à la lumière. Dans la sixième cantate, se trouve un récitatif dune constitution
ŒUVRES DIVERSES igS
peu commune. Les quatre voix y prennent part en même temps.
L'oratorio a pour conclusion le choral que l'on a entendu au commencement. Mais Bach a transformé ici la mélodie que les souvenirs de la Passion rendaient si dolente ; elle résonne dans l'enthousiasme de l'orchestre entier, aux accents des trompettes. Bach qui, bien souvent, se montre le strict observateur des modes anciens, répudie, dans ce dernier choral, la cadence mineure ettoute l'incertitude du quatrième mode. Le chant reste intact, mais les voix de l'accompagnement et l'orchestre le soutiennent d'une harmonie vigoureuse dans le ton de ré majeur : l'œuvre finit dans la joie et dans la force.
Le M a giiificat\ composé aussi pour la fête de Noël, compte, comme le Weiluiachts-Oratorium^ parmi les hymnes à la joie de J.-S. Bach. De toutes ses œuvres latines, celle-ci est sans doute la plus directement et la plus scrupuleusement inspirée du texte. Le premier chœur, écrit à cinq voix, n'est qu'une longue « jubilation »qui éclate, se déploie et se répète, pour exprimer la joie du premier verset Magni/ïcal an iiua mca domiii iim