‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 122 sur 134 · LE LIVRET DU SALON DE · texte numérisé non relu

LE LIVRET DU SALON DE

par Gabriel de Saint-Aubin

ANNEXES

« J. -S. Duplessis se distingua par une belle intelligence, par ses effets de lumière sur les chairs et leurs accessoires, par un coup de crayon franc, beaucoup de sentiment et un coloris correct, etc., etc. ».

M. Bigelow, étant ministre des Etats-Unis à Paris de 1 864 à 1867, découvrit au moment de terminer sa mission, le propriétaire du pastel, d’une autobiographie de Franklin et de plusieurs lettres du célèbre fondateur de l’indépendance ; c’était M. de Sénarmont, membre par alliance de la famille Le Veillard ; l’ambassadeur dit qu’il « considéra comme un privilège et un devoir de les restituer au pays qu’ils honorent le plus 1 » .

Les dessins de G. de Saint-Aubin, d’après Duplessis.

Les dessins de Gabriel de Saint-Aubin ont été étudiés avec une grande érudition par M. Emile Dacier ( Publications de la Société de reproduction de dessins de maîtres, igio).

En ce qui concerne les croquis des portraits exposés par Duplessis aux Salons de 176g et de 1777, voici le résultat de mon propre examen, guidé par des agrandissements photographiques.

Sont reproduits, en 1769, sans contestation possible : nos du livret, igo, marquis de Rasilly; 191, l abbé Arnaud; ig3, Gerbier, avocat au Parlement; 197, l’abbé Jourdan; 198, Mrae Freret Dericour; 199, Mme Lenoir.

Restent :

i° Le Dr Majault, 192, qui n’est pas reproduit. Je ne puis me résoudre à le voir, en regard de son nom, dans la troisième vignette, qui est une femme ayant une partition entre les mains.

2° Couturier, ancien notaire, ig5. M. Dacier le voit, au bas de la page 3o, à droite, ayant la main gauche passée dans son gilet. Je dois y voir, d’après mes documents photographiques, un portrait de femme,

1. Bulletin de la Bibliothèque publique de New-York, juin 1908.

et l’auteur du catalogue de la collection Rouart est de la même opinion, puisqu’il croit que c’est Mrae Couturier. Il s’est trompé, car ce beau portrait qui appartient aujourd’hui à M. Propper, est beaucoup plus de face que Saint-Aubin ne nous montre la personne dessinée entre les nos i q4 à 197.

3° Mme Couturier est l’une des trois femmes que nous voyons à la page 3o : ou cette dernière, ou, à gauche, celle qui se trouve entre les n0< 192 et ig3, ou celle qui est placée immédiatement au-dessus de l'abbé Jourdan. Laquelle? Je ne puis le dire, malgré toutes mes recherches. Mais il y a là deux dessins qui ne représentent pas des personnages ayant servi de modèles à Duplessis.

4° Le Ras de Michel, le centenaire, dont le portrait serait, d’après M. Dacier, esquissé en face du n° 194. J’ai cru un moment qu’il s’agissait de la femme inconnue du musée Condé, mais Duplessis n a, en 1769, au Salon, que des portraits de personnes nominativement désignées; or, cela nous ferait quatre croquis de femmes où nous aurions à choisir Mme Couturier. Il faut abandonner cette explication et se rallier à l’avis de M. Dacier, quoique ce dessin ressemble étrangement à une figure féminine, surtout par la coiffure.

Quant aux dessins du Salon de 1877, on remarque à gauche Louis XVI en pied; à droite, entre les nos 121 et 122, Ducis, reconnaissable, et reprise à la page 63, Mlle de Lonjeau, assise, qui était à peine esquissée et indistincte à la page 49-

Restent : i° un portrait de femme, de profil, à gauche, non identifiée, et 20 un portrait ovale représentant en buste, de face, un homme mince qui peut être le Président d'Ormesson et plus vraisemblablement le marquis de Bièvre.

Les œuvres d instruction publique dans le district de C arpentr as .

Le chapitre xiii était composé lorsque V Annuaire de Vaucluse pour 1 9 1 3 m’a apporté une étude sur Les œuvres d'instruction publique dans

ANNEXES

le district de Carpentras, par M. L. Duhamel, archiviste du département, qui, après Achard, a fait, depuis plus de trente ans, de cet annuaire, un répertoire si précieux de documents historiques.

Je regrette qu’il soit trop tard pour mieux utiliser ce travail qui réalise, pour un district, le vœu que j’ai exprimé dans ce chapitre. Il confirme ce que j’ai dit de l’activité déployée par son Directoire ; mais c’est surtout le Bureau des Domaines nationaux qui mettra son zèle le plus vif à l'application de la loi del'an II : c’est l’indifférence de la plupart des administrations locales qui répondit à tant d’appels. Quinze communes gardèrent le silence, dans trente-neuf autres, les renseignements fournis furent incomplets ou sommaires. Le district, dit de l’Ouvèze, comprenait la plus grande partie de l'arrondissement de Carpentras et quelques communes de l’arrondissement d’Orange.

Je note deux documents qui ont un intérêt plus particulier pour la biographie de Duplessis :

i° La délibération du Directoire de district en date du 17 floréal an III (6 mai 1 795) qui a pour objet de protéger l’exécution de la loi par la force publique, invite Duplessis — d’ailleurs nommé à toutes les pages de ce dossier — à faire transporter à l’hôpital, ainsi qu'il l’a proposé, les tableaux déposés dans l’église Saint-Jean, où l’humidité compromet leur existence. Les passages ci-après sont à retenir :

« Considérant que les deux portefaix employés habituellement par l’administration et requis par le citoyen Duplessis, ensuite des pouvoirs qui lui sont délégués pour l’exécution des lois sur le catalogue des objets d’instruction publique, avaient manifesté quelques craintes fondées sur l'effervescence populaire qui a malheureusement existé dans cette commune et qui a nécessité l’emploi d’une armée étrangère;

«Considérant, qu’il n’est pas à présumer que le transport des tableaux nationaux excite aujourd’hui les mouvements qui étaient à craindre il y a quelques jours ».

2° Une autre délibération, du 6 vendémiaire an IV (28 septembre 1795) laquelle, « considérant que les frais nécessités par la tour-

née de Duplessis dans l’arrondissement, s’élèvent, par aperçu, à la somme de 8 5oo livres, que la partie essentielle dont s’était chargé ce citoyen a eu son exécution par l’examen des tableaux existant dans cette commune (Carpentras) et ne voulant pas l’entraîner dans le sacrifice plus prolongé d’un temps qu'il a accordé généreusement à l’empressement de l’administration, en faisant l'abandon de ses intérêts personnels qui l’appelaient à Paris », lui délivre son exeat

dans les termes suivants :

« Le citoyen Duplessis pourra, dès cet instant, se regarder comme dégagé de l’obligation de terminer l’examen des tableaux nationaux de l'arrondissement. Le Directoire, en lui donnant connaissance de la présente disposition, lui exprimera sa satisfaction d’avoir employé utilement son zèle et ses lumières pour le catalogue des objets d’instruction publique déposés dans cette commune, et ses regrets de ne point le voir continuer son travail dans les autres, regrets infiniment diminués par la presque certitude qu’il n’y existe pas des morceaux très précieux. »

L’article III de l’arrêté ordonne qu'il lui sera délivré un mandat à raison de 3o livres par jour.

Notes diverses.

Aux addenda d’une publication récente, deux notes échangées entre les deux premiers commis de la Direction générale, Montucla et Cuvillier, ont été publiées au sujet d'un buste de Mme Adélaïde par Houdon.

Cuvillier dit : « Il (Houdon) travaille d'après le Roy même une tête de ce prince sur laquelle on s’émerveille, comme on le fait sur ce pastel du peintre provençal qui s’évertue actuellement sur le Roy, la Reine et les enfants d Artois, et qui paraît aussi fort en ressemblance qu il est faible et peut-être mauvais quant à l’art. »

ANNEXES

3og

L’éditeur paraît croire, dans une note, que le commis des Bâtiments fait allusion à Duplessis.

Or, Duplessis n’a jamais fait de pastel du roi, de la reine et des enfants du comte d’Artois. A la date de cette correspondance (2g janvier 1785) il avait depuis longtemps cessé de peindre Louis XYI et il se bornait à délivrer encore quelques copies de son portrait.

11 nous semble que le premier commis des Bâtiments a voulu parler de Joseph Boze, né aux Martigues, vers 17/16, auteur de portraits du roi, de la reine, et un peu plus tard de Mirabeau et de Robespierre.

Plusieurs de ses pastels sont au musée du Louvre.

Les élèves de Duplessis.

Duplessis parle au cours de ses lettres à d’Angiviller de la douzaine d'écoliers et des copistes qu’il doit pouvoir installer dans les pièces de son logement du Louvre, mais il n’est nulle part question dans sa correspondance de ses élèves.

On en connaît deux :

La citoyenne Bouliar, née à Paris en 1763, est citée par Jules Renouvier, au nombre « des peintres accrédités pour le portrait » pendant la Révolution ; elle expose, en 1796, un portrait de Lenoir, créateur du Musée des Monuments français et de la citoyenne Lenoir, sa femme; en 1798, les enfants de Carie Yernet ; son portrait, par elle-même, est au Musée d’Angers.

Swebach-Desfontaines, né le 19 mars 1769, à Metz, a reçu des leçons de Duplessis pendant quelque durée.

M. Ed. André a publié dans la Gazette des Beaux-Arts une étude sur Swebach, dont il convient de reproduire le passage ci-après, à cause de l’originalité du jugement qu’il porte sur Duplessis, et malgré ce qu’on y trouve de contradictoire, car on ne peut vraiment « exceller à peindre les nuances les plus délicates de la physionomie humaine » et être un peintre médiocre et fade.

« Il | Swebach] fréquenta l’atelier de Duplessis où il compléta ces connaissances sommaires. Etrange personnage, ce Duplessis, en tant qu’arliste du

3to

moins! ...Le langage hyperbolique courant le surnommait le Van Dyck de l’Ecole française, mais Duplessis était loin d’avoir du génie, encore moins de prétendre à l’héritage de Van Dyck.

« Peintre médiocre, ce fut un excellent professeur, qui hâta les progrès d’un excellent élève1.

« ...Certes, des conseils de J. -S. Duplessis, il tira grand profit pour l’apprentissage de la technique. L’art de reproduire en traits précis figures et formes lui devint familier. D’ailleurs l’atelier de Duplessis était une bonne école. Le maître jouissait d’une réputation indiscutée comme peintre de portraits ; il excellait à rendre les nuances les plus délicates de la physionomie humaine. On imaginerait volontiers, sans trop de craintes de s’aventurer, qu’il enseigna à Swebach les procédés connus pour saisir la ressemblance ; mais ce qu’on n’oserait guère assurer, c’est que l’auteur de fades peintures religieuses ait formé ce talent de grouper d’innombrables personnages sur une même toile, d’animer et de situer avec exactitude des scènes militaires ou rustiques, qui mit hors de pair Swebach-Desfontaines. »

Actes de l’état civil.

Certificat de Mariage.

D’un acte en date à Versailles, du 18 Prairial l’an 9 de la République Française. Il appert que le citoyen Joseph Siffrede Duplessis de la ci-devant Académie de Peinture de Paris, et chargé par le Gouvernement de la Surveillance de l’entretien des figures du parc de cette ville, né à Carpentras en Ilalie(P) majeur, fils des défunts Guillaume Duplessis et de Sperite Raynard son épouse, demeurant au Palais National, et demoiselle Marie Madeleine Rodier, âgée de trente quatre ans, née à la Houssaye près Rozay, département de Seine-et-Marne, demeurante à Versailles, même demeure, fille des défunts Antoine Rodier et de Marie Jeanne Cormier son épouse, ont été unis en mariage.

Pour extrait conforme.

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