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CHAPITRE IX

LE CLUB DES DÉBATS

« Les vacances sont finies, dit un jour Frank à Gustave, il faut penser aux choses sérieuses. Si nous convoquions le club pour ce soir? Qu'en dites-vous?

— C'est une bonne idée. Chez qui et sur quel sujet? demanda laconiquement Gustave.

— Chez qui? Chez les Minot donc. Quel sujet? Les filles ont-elles le droit d'aller au collège avec nous? Leur éducation , par V externat, peut-elle être commune avec la nôtre? C'est là un problème qui préoccupe tous les esprits* Puisqu'il faut que nous arrivions h voter pour ou contre, autant l'examiner tout de suite sous toutes ses faces, de manière à nous faire une opinion réfléchie sur une question si importante. »

Frank et les autres membres du club avaient la conviction que leurs débats ne pourraient manquer de jeter une Grande clarté sur cette matière délicate.

« C'est entendu, dit Gustave, Holà, Edouard, le club des Débats se réunira ce soir à sept heures précises chez les Minot. Faites-le savoir autour de vous.

— Je n'y manquerai pas, » répondit Edouard.

Gustave reprit d'un ton paternel :

« Les dames ne seront pas admises ce soir. Ne comptez ni sur leur présence, ni sur leurs applaudissements, mon fils,

■ — Tant pis, fit Edouard.

— Impossible de faire autrement, dit Frank. Les autres ne tiennent pas à avoir des auditrices et prétendent qu'elles les gênent et qu'elles patent leur plaisir. Je suis bien obligé de faire de temps en temps ce qu'ils veulent; mais, quant à moi, la présence des fdles ne me gêne nullement, elle m'est au contraire très agréable, » ajouta-t-iL

Ses amis se mirent à rire. Le triangle ^ comme on appelait souvent Edouard, Gustave et Frank, était renommé pour sa gaieté.

« En revanche, reprit Gustave, il faudra avoir une soirée dansante à la maison, la semaine prochaine. Cela amusera les petites et nous aussi. »

(iuslave liiirhm avait trois sœurs, deux cousines et quatre tantes, sans compter une mère et une bonne grand' m ère, toujours prêtes à contenter le moindre de ses désirs. Aussi la joyeuse jeunesse de Harmouy se réunissait souvent pour s'amuser dans les grands salons tic Mme Burton.

Comment vont les affaires? demanda Frank à Edouard* qui était dans une maison de commerce depuis quelques mois.

— Assez mal. On dit quelles reprendront au printemps. M. Paul est content de moi, mais vous me manquez terriblement, mes amis, »

Edouard passa l'un de ses bras autour du cou de Gus-

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