À VOUS
« Jane Peck, »
Pour être bien sure que personne n'ouvrirait sa missive, Jane y apposa un énorme cachet de cire rouge. Cela lui donnait un aspect ministériel qui ne pouvait manquer d'imposer à Bob.
« Là! j'ai fini, fit la petite fille en poussant un soupir de soulagement. Allez vite mettre ceci à la poste et prenez bien garde de ne pas être vu. »
Frank quitta son livre avec une promptitude rare. Quand il vit l'adresse, il dit à Jane pour la taquiner :
« Vous êtes donc bien intime avec Bob? Qu'en dira Jack?
— Je ne sais pas. Cela m'est fort égal. Voyons, Frank, soyez gentil. Nous aurons notre petit secret à nous deux, car je vous dirai tout, quand Bob aura répondu, dit Jane de son ton le plus câlin.
— Et s'il ne répondait pas?
— Je vous enverrais là-bas. Il faut que je sache la vérité; mais je préférerais la découvrir moi-même.
— Mais je crois vraiment que... »
Jane poussa un petit cri et interrompit Frank* « Chut! lui dit-elle, ne parlez pas si haut. Oui, je crois que je suis sur la voie, j'en suis même presque sûre.
j w:k ET JANE.
— Qu'est-ce qui vous en a donné l'idée? demanda Frank en tournant et retournant la lettre d'un air
pensif.
— Avancez un peu. »
Jane lui dit tout bas quelques mots qui le firent tressaillir et s'écrier :
« Comment! Vraiment? Eh bien, cela ne m'étonne pas. C'est biefi lui .
— Je n'y ai songé qu'en vous entendant dire où était Bob!
— Vous avez de l'esprit jusqu'au bout des ongles, Jane!... Je cours mettre votre lettre à la poste. *>
Frank partit comme un fou, après avoir ajouté sur l'enveloppe pour plus de sûreté : « Dépêchcz*vou$ de rcpondre. F. M. »
Jane était sûre d'avoir une réponse le lendemain soir. Elle ne se trompait pas : La réponse arriva, et ce fut Jack lui-mùme qui la lui tendit. Bob n'était pas un écri- \ain, loin de là* II lui avait fallu bien des peines et non moins d'encre pour arriver a produire la lettre suivant* 1 . Ne sachant comment parler à Jane, il commençait brus* quement*
<c Jack est bien venu vendredi* Je suis fâché de l'avoir « mis dans l'embarras. Il a été très bon pour moi. Je « lui revaudrai cela un jour ou 1 autre. Il a pa\é à Jcrrv « trois dollars que je lui devais depuis longtemps. Jerry « disait qu'il les réclamerait au capitaine, et j'avais « peur de perdre ma place. .Mais maintenant, si Jack « nr dit pas la vérité, c'est moi qui la dirai. Je ne suis « pas assez méprisable pour le laisser condamner à