SCÈNE VIL
Les précédens, LE CAPITAINE suioi de quelques hommes darmes.
LE CAPITAINE
Qu'est-il donc arrivé?
JEAN NOLLE.
Capitaine , une mauvaise nouvelle , et qui va bien vous surprendre !
SIMONET
Dis donc ce qu'il y a !
JEAN NOLLE.
Voici ce qu'il y a, capitaine ! Nous venons d'arrêter dans la campagne un cheval richement harnaché , fuyant sans
cavalier ; il avait la housse couverte de sang ! un meurtre a été commis cette nuit !
LE CAPITAINE
Du sang répandu ! un meurtre ! es-tu bien sûr de ce que tu dis là?
JEAN NULLE
Ce qui est sûr aussi, capitaine , c'est que Bernardet a cru reconnaître le cheval du père Gerardus, le prévôt de l'abbaye de Caudenberg !
LE CAPITAINE
Assassiner un moine ! le chapelain de monseigneur! nous serons cruellement punis de notre défaut de surveillance. Il faut trouver le cadavre d'abord.
JEAN NOLLE.
Un instant, capitaine. Nous devons tâcher avant tout de ne pas encourir la punition pour le coupable. Or, voici une circonstance fort curieuse : on a mis le cheval avec sa housse ensanglantée dans l'écurie où se trouve le cheval de l'étranger : eh bien, il s'est élevé en eux un frémissement extraordinaire, et puis j'ai remarqué que le cheval de l'étranger avait du sang au poitrail ; pourtant il n'est pas blessé !
LE CAPITAINE
Où est-il l'étranger ?
JEAN NOLLE.
Avec les chevaliers du Cygne. Simonet les a vus s'éloigner.
SIMONET
Tu en as menti ! je n'ai rien vu.