LES PRÉCÉDENS, JACQUELINE, LE COMTE DE CROY, UN CLERC
Plusieurs bouchers veulent barrer le passage : le Comte, qui précède la Duchesse, repousse l'un d'eux et lui arrache sa hallebarde .
JACQUELINE , s'avançant et reprenant la hallebarde des mains du Comte.
Si VOUS les désarmez , comment me défendront-ils ? — Reprends ton arme, et viennent les archers de Flandre, tu répondras à leur honjour , n'est-ce pas?
Regardant autour d'elle.
Je viens au milieu de vous, car le magistrat est en fuite: il n'y a plus maintenant que votre souveraine qui veille sur vos destinées.
SIMONET, avec ironie.
Et le grand bailli !
11 est mort.
» Laurent , Jean Nolle , Simonet, Jacqueline, le comte de Cioy , Pelou.
PELOU , se levant.
11 a un successeur.
JACQUiXINE.
Je n'ai point nommé de successeur.
PELOU.
Vous, non! mais d'autres l'ont fait; les corporations , les bonnes gens et les manans m'ont donné leur voix.
JACQUELINE , passant du côté de Pelou.
Je ne me trompe pas.... vous êtes le doyen Pelou. J'approuve le choix du peuple, je veux y ajouter une solennité... — Voici un blanc-seing.... je vous nomme à mon tour grand bailli, chef et sémonceur pour notre personne.
Elle prend un parchemin des mains de son clerc , signe , puis le donne à Pelou.
Votre titre est garanti.
LE COMTE, rt part.
Et notre prérogative sauvée.
PELOU, qui a pris son diplôme. — Aux bouchers quiV entourent.
C'est bien, mais ce n'est pas tout. — Les bourgeois et gens de petits métiers ont sujet de se plaindre. Le comte d'Ostrevent votre père avait accordé des privilèges qui sont contestés à présent ! Le nombre des échevins n'a pas été augmenté....
JACQUELINE, u messire de Croy.
Comte , retenez bien ce que dit là monsieur le bailli... Il me faut une ordonnance pour régler ce différend : je veux la signer aujourd'hui même.
LAURENT , à Jean Nolle.
Si le siège continue, nous serons bientôt aussi gueux que le roi de Chypre , ou qu'un bourgeois de Paris !