‹ Jacqueline de Bavière; drame en cinq actesChapitre 95 sur 113 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Borselle derrière le pilier à droite. — Jean ISolle et Laurent aussi à droite. — Simonct et Pelou à gauche près de la rampe. — Les autres conjurés perdus au milieu de la foule.

LE DUC DE BOURGOGNE, HUIT CONSEILLERS, la toque à la tnain, portant le collier de l'ordre de la Toison-d'Or; QUATRE PAGES, UN APPARITEUR.

On lève la rampe. — On voit entrer d'abord deux pages portant, l'un un missel , l'autre un coussin de velours. — Ensuite deux autres pages. — fuient le Duc , les mains jointes , tenant un chapelet à grains d'or. — Le Duc s'agenouille devant le tombeau. — Les conseillers et les pages , rangés à droite et à gauche de la tombe ^ s'agenouillent , ainsi que le reste des assistons. — On a vu plusieurs conjurés se rapprocher do la cour. — La musique cesse,

PELOU , à Simonet qui j après avoir prié avec ferveur, fait le signe de la

croix.

Est-ce que tu demandes des forces d'en-haul?...

SIMONET

J'ai dit la prière des morts... maintenant je suis prêt,

PELOU.

Dans ce moment, il y a bien des yeux qui choisissent

leur proie...

SIMONET

Le maître pour Borselle,.. Les valets pour nous.

PELOU.

Cette tête... hautaine et chauve, la plus voisine du maître, regarde-la bien... je l'ai condamnée; dans un instant...

brisée sur ces pierres...

SIMONET

Celle que j'ai choisie vient après... Je ne suis pas bien ici... Je vais m'en rapprocher.

Ici commence une musique mystérieuse et sombre. — Bientôt on

entend sonner pour la première fois à l'autel. — Borselle se lève lentement. — On voit au fond, et du milieu de la foule , un conjuré qui se lève. — Puis un autre. — Puis un autre.

— Quand ils sont tous debout, on entend le second coup de sonnette. — T'eus les conjurés ont les yeux fixés sur Borselle.

— Celui-ci relève sa capuche ; tous les conjurés font la même chose. — Au moment où Borselle porte la main à son épée , et où les conjurés saisissent leurs poignards , on sonne le troisième coup .

LES CONJURÉS, s élançant.

Bavière ! ! !

Nuit complète! — L'appariteur, debout sur la dernière marche de la chapelle, d'un coup de hallebarde a tranché la corde qui suspendait la lampe. Elle est tombée avec un long retentissement.

BORSELLE, se reculant.

A moi ! ! !

Les conjurés se rallient sur le devant de la scène, à gauche. En même temps, les deux portes dérobées s'ouvrent, et livrent passage à des hommes d'armes qui traversent la scène , séparant la cour des conjurés, et formant une haie dépiques et de hallebardes. — La porte de fer, au haut de l'escalier, laisse entrevoir une issue vivement éclairée par où le Duc et ses conseillers se retirent. Les conjurés font un mouvement pour les suivre, mais la porte se referme ; et l'obscurité est si épaisse, qu'on peut à peine distinguer les personnages qui sont en scène. Les conjurés s'avancent cependant, s'appelant et se cherchant dans les ténèbres. — Avant qu'ils soient arrivés au fond, les portes sont fermées ; la cour est sortie, toute la foule écoulée... et le bruit s'éloigne et se dissipe peu à peu.

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