SCENE VIII
Les 31 km es , GUILLAU3IE PEKIN.*
Miss LUCIE. Ah! venez, mon ami, mon fils m'est rendu , je vois ici tout ce qui m’est cher.
Guillaume penn. Anna încl’avait appris.
MONMOUTH, courant à lui. Vous m'avez conservé ma mère. Ah ! que ne vous doisje pas !...
Miss LUCIE. Nous partons, sir William, nous partons cette nuit même , il me l'a promis. Ici, tout est danger pour lui, tout est mort... il faut fuir sans retard.
Guillaume penn. Et tomber demain sans défense dans les baudesde Jelferies. Moins de désespoir, plus de prudence! Impossible qu'on te souiiçoiine à Londres. C'est à peine si ta défaite est une nouvelle certaine à While-llall. Profilons de ce court inomeut pour te sauver, mon fils, et c'est sur moi seul que je m’ei) repose. Nous fuirons ensemble , non en Ecosse , en France où l’on vend la vie d’un proscrit ; mais dans un lieu plus sûr , où il n’y a point de tortures, point de tronc, point de bourreaux, dans un pays vierge et libre , où je vous donne un asile, une patrie.
MONMOUTH, abattu. Encore l'exil , toujours l'exil!... c’esi affreux. Sol natal , Angleterre, chère Angleterre ! il nie sera donc refusé de vivre ou mourir dans ton sein, parce que je suis du sang malheureux de Stuart: Je suis né prince, et je n’ai point de patrie ; mon pays est maudit pour moi.
Ah ! ce n'est pas lui que j’accuse, il m'aime, il m'accueille ; ce sont ses tyrans qui me repoussent. Oh ! que ne suis-je un artisan, un pauvre pêcheur! là, sur cette belle Tamise, sans noblesse , sans pain , sans couronne, que ce peu pie insouciant est heureux! et il nous envie une plume, un manteau !
LX lUCÂlIN TMJCATB1L
et dans son ignorance , il dit : Heureux comme un roi:
Guillaume pf.aa. Noble Monmouth !
oh ! ue crois pas que je te bLime ; tes regrets pénètrent mon cœur, ils sont les miens La patrie , la mère-patrie est aussi le deuil de mon aine. Eli bien ! c’est encore un sacrifice que j’ai fait à Dieu en y renonçant. Dix mille de mes frères malheureux,
Ï iroscrits comme toi, voulaient porter dans es déserts leurs corps inutiles et leurs autels détruits ; pour èlre leur guide , leur appui , je me suis exilé avec eux. J’ai renoncé pour eux à La terre qui m’a vu naître.
Dieu conduisit mes pas sous ce ciel nouveau, il bénit mes efforts, ilagrandit mes pensées, et comme Moïse , au-delà des mers , d’un troupeau d’esclaves j’ai fait un peuple de rois.
MONMOUTH , enthousiaste. Partons, partons, Guillaume, tu m’éclaires, tu m’élèves à toi ! j'embrasse ta croyance , j’adopte ta secte. Qu’elle est sainte! qu’elle est pure, la religion qui fait de tels hommes!... qui met la richesse daus l’industrie , la force dans la loi, l’ambition dans l’égalité!
Guillaume penn. J’ai deux vaisseaux en rade; cette nuit nous nous y rendons, dès demain en mer ; Dieu fera le reste...
MISS LUCIE, avec piété . Dieu! Dieu!
pardonne à ma douleur maternelle., j’accusais ton inclémence.