‹ Jacques 2. drame historique en quatre actes et en proseChapitre 41 sur 51 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MONMOUTU , HAMPDEN , RUSSEL.

(Au lever du rideau, llampdcn ci Husscl jouent oui reliées ; Moninouth . vêtu légèrement et comme en négligé, les regarde , appuyé contre une saillie de la muraille.)

h a mpdf.n. Vous menez vos cavaliers à travers champ , mon cher loril ; prenez garde que je les mctle comme nous dans la Tour de Londres, et qu’ils n’y trouvent de passe-tems que le jeu d’échecs.

BL’SSKL. Eli ! vraiment , maître Hampden , c’est dommage qu’on ne prenne pas le roi le vôtre courrait de grands dan-

gers...

monmoutu , g aiment . Et voilà ici lin fou qui fait bien des sottises.

HAMPDEN. Eh ! milord, qui vous savait

là ?...

monmoutu. J’ai voulu jouir du frais de la matinée, c’est quelque chose encore que de respirer un peu d’air entre deux guichets.

russel, basa llampdcn . Pauvre prince!. .

il ne sait donc rien?...

monmoutu. N’ad mirez-vous pas la marche du teins , messieurs, et la philosophie de l’histoire? c’est sur cette plate-forme que fut exécuté lord Hastings ; et deux prisonniers politiques jouent aujourd’hui sur la pierre qui lui servit de billot.

HAMPDEN , renversant l'échiquier. Ali !...

eoee a oooooooo o o os ooooo oo o o wooo^oofco o ooo t oo

SCEKE II.

Les Mêmes , JERWIS , entrant fort ému.

JF.nwis. Oh! monsieur R usscl... est-ce vrai ce que l’on dit?... est-il bien vrai que l’on va faire mourir aujourd’hui notre brave duc de Moninouth.

liLSSEL , voulant le faire taire . Chut !...

chut!... imprudent !...

monmoutu. Mais, oui, mou beau garçon... cela parait assez probable le roi

Jacques ne laisse pas moisir ses prisonniers.

HAMPDEN, bas à Moninouth. Prince!...

monmoutu , bas. Laissez... laissez.

JERWIS. Les tigres! ils ont passé la

nuit à dresser l’echafaud... tenez... il est au bas «le la seconde tour... ou le voit d’ici tout tendu de velours noir.

monmoi tu, gaimeut. Comment donc !...

c’est presque du luxe on a voulu le

traiter «m prince.

JERWIS. Nous ignorions même qu’il fut

pris et on ne 1c juge pas ! un fils de

roi!... un pair d’Angleterre et d’Ecosse!,., mais il n’y a donc plus de justice?...

ni'SSEL. Hélas! non! mon honnête

Jerwis... depuis long-tcins les païens l’ont mise au raug des faux dieux.

Ji'.nwis. Et nous souffrons cela ! et

nous sommes Anglais , et nous sommes

des hommes! oh! que ne suis-je

libre encore ! je ne suis qu’un pauvre brasseur de Billing-Strect mais

je courrais les rues.... j’ameuterais tout le peuple... nous le délivrerions... et je suis ici en prison par l’ordre de Judas Sunder-

land comme séditieux parce que

j’aime ma religion et ma patrie. (// pleure presque.) Mais, mes chers seigneurs , il n’v a donc ritîii à faire?

monmoutu. Rien, mon ami, souffrir et attendre. ( Bas à Busse / , lui pressant la main. ) J’emporte donc des regrets... on me

donne donc des larmes! oh ! quelle

douce consolation ! ( Anna parait à la

porte du fond. Elle marche avec hésitation; Moninouth l'aperçoit et court an- devant d'elle .) Et maintenant, inessmurs , vous inc verrez mourir en prince , en soldat . .j je ne manquerai ni de force ni de courage* (Il s'apprête à rentrer dans la tour; Jerwis , hors de lui , l'arrête et se jette à ses pieds.

jerwis. Quoi ! c’est donc vous?.:...

vous êtes donc le duc «le Moninouth ?;..; O mon prince, mon généreux prince!..* faut-il que l’Angleterre vous perde ainsi ?... non! non! ne mourez pas, milord...laissczmoi prendre votre place. Que je serais lier

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