‹ Jacques 2. drame historique en quatre actes et en proseChapitre 7 sur 51 · LE DUC D’YORK , LE PERE P1TER · texte numérisé non relu

LE DUC D’YORK , LE PERE P1TER

LE DUC. Eh bien , Pitcr , ce mieux

LE P. riTF.n. Ce mieux est un pire.

le duc. Vous croyez ! cependant les médecins....

LE p. PiTF.n. Peuvent se tromper....

surtout des anglicans.

LE DUC. Avez- vous remarqué , mou père, comme ses forces lui revinrent presque subitement? il s’est levé, s’appuyant sur le bras de miss Lucie , nous en avons tous été étonnés; quanta moi, j’ai souçonnéque cette femme avait employé quelque charme. . .

LE P. piter. Moi, j’en ai été effrayé.

le DUC. Ne parlez donc pas ainsi , mon père ; on croirait que vous désirez la mort de ce pauvre Charles.

LE P. piter. Hélas ! mon fils , la résignation est une robe que nous revêtons en recevant les ordres : devons-nous murmurer desdécretsdc la providence, et lorsqu’un pécheur, un roi même approche du pardon céleste, devons-nous en gémir?

surtout quand ce roi a malheureusement été trop peu ardent pour notre sainte église; et qu'il fait place à un roi pieux, rempli de foi et d’amour, appelé par Dieu luimémeau trône de ses pères pour renverser l’hérésie , et relever nos autels.

le DUC. Déjà de la fiatteric, mon père... je n’y suis pas préparé.

le P. piter. Cet acte de contrition fait votre éloge , mou prince.

LE DUC. Ce Moninouth m’a bouleversé.

LE P. piter. Vous l’avez mis hors du palais, j’espère...

LE DUC. C’est une tempête... on ne peut s’en débarrasser sans quelque perte...

lep. piter. Qu’avez-vous donc promis?

le duc. Oh ! rien , mais il m’a semblé pénétré, repentant... dans notre situation

j’ai préféré le caresser un peu

LE P. piter. Caresser un volcan, grand merci.

le duc. S’il se convertissait, pourtant?

le p. piter. Jamais , c'est le diable éperonné.

LE DUC. Un fils de roi enfin...

LE P. piter. Un fils bâtard de roi , et demain votre sujet.

LE DUC. Et ce mariage secret avec sa mère dont on nous bat les oreilles depuis vingt ans?...

le p. piter. Fi! c’est une invention de votre damné de Burnet ; il existerait même un acte que ce serait une chose disputable, car Charles n’élait alors que prince de Galles. A tout prix , éloignez ce tison maudit, pourchassez-le , faites tout au monde ; point de ces adieux larmoyans , «le ces scènes conjugales qui changent la face d’un empire : il faut régner, prince , et , je vous le répète , demain vous serez roi.

LE DUC , agité . Vous en êtes donc bien sur ?

LE p. P1TF.R. Le ciel le veut.

le nue , plus agité encore. Ah ! mon père, si l'on nous entendait! c'en serait assez pour renouveler ces bruits odieux... que la mort du roi n’est pas naturelle. Vous savez , mon père , avec quel acharnement les wlngs, les presbytériens ont accrédité ces calomnies , qu'on avait tenté de l'empoisonner... on accusa les catholiques et votre sainte compagnie. .. que de victimes!

ah ! j’en frémis encore !...

LF. P. PITl~.ll , à pari, haussant les épaules. Eh bon Dieu!...

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