JACQUES, BERTHE
BERTHÉ, s'arrête sur le seuil de la porte.
Un marchand de vin, du zinc, ah! non, par exemple,
JACQUES
Café Charles qui s'appelle d'abord... fais pas la fière, viens donc.
BERTHE, entre et regarde tout autour d'elle.
Il n*y a personne. (Jacques va pour Tembrasser, elle l'arrête et très froidement.) Allons, allons.
JACQUES
Quoi, tu m' repousses., tu veux môme pas que jTembrasse... c'est pour rire, pas? Tiens, assiedstoi là. Ah I Berthe, t'as bien fait de venir, j 'vivais plus, vois-tu.
BERTHE
J'ai reçu ta lettre... si tu as quelque chose à me dire... dis-le vite, il est midi bientôt.
JACQUES
T'es pressée! Ahl mais non, voyons; tu vas rester avec moi aujourd'hui: c'est dimanche et t'es libre. Si tu veux on ira se promener un peu, comme avant, du côté des fortifications?
BERTHE, riant aux éclats»
Ah! ahl ahl du côté des fortifications!
JACQUES, Pair radieux.
Ça te va... t'as ri, t'es vaincue du coup.
BERTHË, très froidement.
Tu es fou,
JACQUES
Comment que j' suis fou!
BERTHE
Mais oui. Tu devrais deviner que si je suis accourue c'est parce que ta lettre m'a fait pitié... et que je voulais te consoler un peu. (Ua temps.) T'as pas ta raison, Bouchard,
JACQUES
Pitié!... Pas ma raison! Tu m'appelles c Bouchard!.;, A quoi qu'tu penses? Pourquoi me regardes-tu comme ça? Que qu'j'ai d'changé?... Est-ce que t'as plus rien pour moi, dis Berthe? Rappelletoi seulement qu'on est resté trois ans ensemble.,. Rappelle-toi qu't'avais juré... car t'avais juré, tu sais, dans le temps... Pourquoi qu' t'es partie?... Pourquoi qu'tu t'sauves comme ça de moi. (Berthe le regarde en souriant, il lève la main, furieux.) Ah I n'souris pas ainsi,., n'souris pas.,. (Triste.) Ça me fait mal.
BERTHE
Tu devrais comprendre pourtant qu'on ne peut pas vivre toujours ensemble... et puis que toute chose a sa fin. (Un temps.) Croîs-moi , amuse-toi et ne songe plus à moi... C'est ce que tu as de mieux à faire,.. Et puis, puisque tu yeux que je te parle franchement: je ne dois plus te revoir.