CHAPITRE XVII
Suite du chapitre précédent. — Unanimité des biographes de Cartier à reconnaîtres les qualités qui brillent en lui, —Son courage. —Garneau.—Son tact, son jugement.—Léon Guérin.—Piété et ch.:ité.—Cartier, héraut de la Croix.—Sa conduite charitable à l'égard du chef de Hochelaga.—Son dévouement à ses compagnons malades du scorbut.—KFondation de trois messes.—Sa piété éclairée.—Il refuse le baptême aux sauvages.—Zèle apostolique loué par Faillon.—Véritables motifs de François I et de Cartier dans leurs tentatives de fonder une colonie française en Canada.—Erreurs de certains écrivains à ce sujet.—Déclarations écrites du roi.—Epître dédicatoire de la relation du deuxième voyage de Cartier. —Exposé des motifs de Cartier,
CEAPITRE I
Naissance de Jacques Cartier
La ville de Saint-Malo (1), en Bretagne, s'enorgueillit à juste titre d’avoir vu naître Jacques Cartier, le Colomb du Canada. Mais, chose étrange, les archives de la vieille cité bretonne ne renferment aucun acte de baptême que l’on puisse rapporter, en toute sûreté historique, à celui qui devait illustrer sa patrie et sa ville natale par ses découvertes et ses exploits.
Nous ne connaissons rien non plus de la jeunesse de Jacques Cartier. Aucun biographe n’a recueilli de renseignements sur le jeune malouin. Tout ce que l’on peut conjecturer de lui, c’est que ses premières années, comme
(1) Dulatin Wachutes, Se prononce Macoul et Macoult dans la Saintonge et le Poitou ; Machut, Machuit, en Flandre,
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celle: de presque tous les enfants de Saint- Malo, s'étaient passées sur l’eau. Aussi quand neus le retrouvons plus tard, vers l’âge de quarante deux ans, il a acquis toute l’expérience d’un vieux ioup de mer.
Saint-Malo s'est iliustré par ses corsaires et ses merins. Les premiers fient le désespcir de Augsleter'e pendaut plus'euis siècles, haïceiant sans merci ni trève les vasseaux ennemis, ét s’enricu ssant de leu s dépou iles. Jla poussa'ent couvent le coucage jrqu'à la téméiité. C'e:t niimi eux que la maine françase come plasieu:s de ses grands hcemmes. Les macivs p.cpremeac diis, dont l'ambition étit de dévelcpper le c:mmerce et l'industrie de Ia F'ance per des 1eju'ions étendues avec les pu:ssances € angères, jovs'ent un rèe p'z: pr:fque. Mais ï!s n'érieat ri mors L'a2ves n° me 3:11: ep°les quo fes p:am'e:s,
Care. vieu à uie ép.ane où ‘4 France S'CCLU OR, HULOIO CU 661 Pix Avec ‘6: 18/08 é.:rn: Las ge de bat. l'er à ici'e ocescion.
EF énçus L'iéva,, déc averies, é abiissemerts nouveaux, et Ce jal sous son rècae que l’on vi s’opére les plas sérieuses touiaves pour découvrir des terres nouvelles. 1! scffit de sappeier lesexpl:rations faites par Ve: Tan, Cartier et Roberval, qui ont jeté peut-é‘ïe plus
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| de lustre sur son règne ane ses plus célèbres je | victoires remportées sur Jharles Quint. ‘ Car, fi a écrit l’immortel fondateur de Québec (1), la has prise des forteresses, ni le gain des batailles, ni la conquête des pays ne sont rien en !
comparaison du salut des âmes et de la gloire de Dieu; et la conversion d’un (seul) infidèle # vaut mieux que la conquête d’an royaume.” il Ces sentiments si chrétiens exprimés par 4 Samuel de Champlain, semblaient guider alors le Roi de France dans les expéditions lointaines ; exécutées par ses ordres.
Jacques Cartier naquit sous Charles VIIT, ni dont l’ambition se limita à vouloir conquérir Al le royaume de Naples. Louis XII, son 1
successeur, protégea les lettres, les arts, Ft
k l'agriculture et le commerce, mais il ne 1 s'occupa nullement de porter à l'extérieur le é
nom de la France. C’est au roi chevalier que 4 revient l'honneur d’avoir songé à conquérir de nouveaux royaumes à Dieu. François I mérita le titre de Père des Lettres, et il se distingua surtout, entre tous les monarques français de ; son siècle, par son caractère nobie et
chevaleresque. Mais il ternit sa gloire par une ' vie licencieuse, qui finit par lui devenir faneste.
(1) Champlain, 1632. Dédicace, p. 4.
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François I parut tenir Jacques Cartier en haute considération, si on en juge par les lettres patentes qu’il lui octroya à diverses reprises, en lui confiant la direction de terres nouvelles dans un monde dont on ne connaissait encore que le nom.
Jacques Cartier eut l’heureuse fortune de vivre sous le règne de ce roi (1) aux nobles ambitions. La marine française au commence ment du XVIe siècle péchait par le manque d'organisation. M. Léon Guérin, auteur de l'Histoire Maritime de France, nous dit qu’un des premiers actes de François I fut de remettre en vigueur par un règlement, en date de l’année 1517, les anciennes ordonnances sur l’amirauté, qui était encore toute l'administration de la marine, en y ajoutant quelques obligations nouvelles, sinon dans la pratique du moins dans l'authenticité écrite et publique, telle que celle imposée à tous les hommes des paroisses voisines de la mer et de faire le guet; ce qui est l’origine des milices gardes-côtes.
Cartier entra dans la marine française juste au moment où, sous l'impulsion d’un monarque
(1) Leur naissance et Jeur mort arrivèrent presque en même temps. François I ndquit en 1494 et mourut en
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cntreprenant, elle allai bientôt jouer un rôle ï immonse sur &utes les mers du monde.
Mais n’anticipons pas sur les évènements .
qui rexardent pluôt notre héros à Pâxe d'homme, et examinons tout d'abord la question de la date de sa naissance assez peu controversée jusou’à ces de-nières années, | parce que ceux qui en «nt parlé ont été di unanimes dans leur erreur. Ladate qu’ils n’ont l pas cessé d’aämettre est le 31 décembre 1494. LUN Cependaat la plupart de ses biozraphes, sauf peut-être Canat (1), n'assignent ancune époque 1 précise, et l’auvé Maret {2) lu:-même, le grand ) chercheur, se tait sur cette date dans ses Malouins célèbres. i
M. Hio Harvut (3), secréluire de la mairio de Saint-Malo, a publié, il y a quelques années déjà, une brochure contenant les biographies des grands hommes de Saint-Malo, dans k à laquelle il affirme que Cartier naquit le 31 décembre 1494.
Plus tard, en 1884, it livra au public une autre étude sur J'avques Cartier, et commit la | même erreur, La preuve qu’il apporte à appui
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(1) Voir note A à la fin de ce volume, (2) Voir note B à la fin de ce volume, (3) Voir note C à la fin de ce volume.
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de son affirmation, n’est pas d’une grande valeur, car l’acte de baptême qu’il a trouvé au registre de Saint-Malo, et qu'il croit être celui de notre Jacques Cartier, ne donne pas le prénom de l'enfant. Voici cet acte tel qu'il l’a trouvé, et tel aussi qu'il est imprimé ailleurs.
Saint-Malo, 31 décembre 1494.
Le XXXI jour de Décembre fut baptisé un fils à Jamet Quartier et Geseline Jansart, sa femme, et fut nommé par Guillaume Maingart principal compère, et petit compère Raoullet Perdriel.
D'après M. Harvaut, Jacques Cartier serait issu du mariage de Jamet Cartier etde Geseline Jansaut, Cette assertion ne peut guère être contestée. Elle nous paraît même comme la plus admissible.
M. Desmazières de Séchelles, ancien rédacteur du Commerce Breton, dans des notes adresrées à la Société littéraire et historique de Québec en 1860 (1), fait la même assertion que M. Harvut, s'appuyant sur l’acte de
(1) Vol, . Transactions of Lit, and Hist, Society, Pe 135:
baptême consigné au registre de Saint-Malo à la date du dernier jour de l’année 1494.
Tous deux donnent les noms des enfants de Jamet Cartier. Ils lui attribuent la paternité de trois. M. Harvut cite (1): Jacques, Lucas et Bertheline, tandis que, d’après M. Desmazières de Séchelles (2), leurs noms seraient : Jeanne, Jacques et Bertheline. Il y a donc entre eux divergence d'opinions quant aux prénoms. Mais il existe aussi manque d’accord quant aux dates de naissance, comme nous verrons plus tard.
M. Harvut ne mentionne pas Jehanne, dont la filiation avec Jacques Cartier ne saurait être hypothétique. Car il est hors de doute que le découvreur avait une sœur de ce nom, comme il est facile de s’en assurer à la lecture d’un document parfaitement authentique. C’est le testament (3) que fit Cartier avant son départ pour un troisième voyage au Canada, et que l’on trouve dans le registre du greffe d'office de Saint-Malo, à la date du 12 novembre 1541, ainsi que dans le plumitif des Audiences à la date du 17 du même mois, aux Archives d’Ille-
(1) Harvut,—aeques Cartier, p. 3.
(2) Trans, Lit. and Hist. Soc. Appendice p. 136. (
3) Voir Appendice, Pièce B.
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et-Vilaine. Dans ce testament, Jehanne nous apparaît comme la sœur de Jacques (1)
Nous appuyant sur les témoignages de M.
Harvut et de M. Desmazières de Séchelles, nous sommes justifiables de croire que Jacques Cartier out plusieurs frères et sœurs. Que leurs prénoms soient ch£ncés, que les dates de leurs naissances soient altétees pen nous importe dans le moment, puisqu'il s’agit d'établir dans le présent chapitre que le découvreur du Canada n’est pas l'enfant désigné dans l'acte de baptême insc:it au registre de Saint-Malo, à la date dr 81 décembra 1494, Nous reviendrons plus tard sur ce sujet impor-tant de la filiation de Jacques Caxt'er.
En dépit des affirmations des deux érrivains français, nous n’hésitons pas de notre côté à
(1) Endroict davent nous notaires jurez et receuz en la Court de Sainct-Malo soubz signons et par icelle, furent huy presens et personnellement establis Jacques Cartier, capitaine et maistre pillote du Roy es terres neuffves, et Catherine Des Granges sa compaigne espouze, sieur et dame de Lymailou, et bourgecys en ceste ville et cité de Sainct-Malo, d’une et aultre partz. Icelle dicte Catherine à sa requeste suffizamment et qui à ce que ensuit groyer, tenyr et accomplir auctorisée tant de sond. mary que de Jacques Des Granges sieur de La Ville-es-gardz, son père, sur ce present qui de faict luy en d:nne ses autorisez paternelz, au tout du contenue en cestes presentes, a promis et juré par son serment, et, sur hypuiheque generalle de tout son bien present et avenyr, d’icelle auctorité jamais ne faire revocation ; et anne Cartier, seur dud, Cartier, aussi présente, n’aller au contraire en aucune MANIÈTE, «verse ose noveve sovee verve vecu
déclarer qu'ils ont été induits en erreur. Notre Jacques Cartier n’a pas été baptisé le 31 décembre 1494, mais en l’année 1491, comme le prouvent péremptoirement trois documents cités par M. Joûon des Longrais, (1) ancien élève de l'Ecole des Chertes, dans un ouvrage récemment publié.
I 2 janvier 1548, un procès avait lieu à Saint-Malo, au cours duquel Cartier comparaît comme juré, Dans la liste des personnes appelées ce jour-là à juger un point de droit coutumier, le nom de Cartier se trouve inscrit, et la pièce tirée des Audiences de la Juridiction ordinaire de Saint-Malo, (2) lui attribue 56 ans. (3).
(1) Voir note D, ch. I, à la fin de ce volume,
(2) Année 1547, Reg. 2
(3) Voici la teneur de ce document :
Appoinctement à produire pour informer de l’estat sur la queste de Moyne ; d'autant que dict que led. usement a esté comprins en la registration de leur Coustume.— Me Arthur Tenneguy, asgé de XLV ans, juré, purgé, etc., dict que des et puys XX ans y a usement que ou peult faire arrester ung estrangeret les estrangers les ungs les aultres, et que les estrangers peuvent contraindre les marins en ceste ville dedans jour en jour, et n’a veu quelque contradiction, mes a esté ainsi jugé céans ;— Guillaume Martin La Lande, juré, etc., L ans ; Jehan Vivien, juré, etc., asgé de plus de LX ans ; Guillaume Sanson, geaullier, asgé de LV ans ; Guillaume Le Deboté, asgé de XLIV ans ; etc., Me Jacques Regnault, juré, asgé de XLVII ans ; Yacques Cartier, LVTI ans, juré, etc., #41", des et puis de XL ans ; Estienne Guynel, LXX ans ; Massé le Fer, etc, ...
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Si Cartier avait atteint l’âge de 56 ans le 2 janvier 1548, il a dû naître plusieurs années avant 1494.
Mais ce premier témoignage qui, seul, suffirait à établir que la date de naissance de Cartier est antérieure à 1494, est corroboré par un deuxième document non moins explicite.
Le 23 décembre 1551, Cartier assiste à une audience où il s’agit de juger un fait de course intéressant. Le document officiel lui attribue 60 ans (1).
(1) Trois capitaines de Saint-Malo, Julien Frotet, corsaire fameux, sur la Yoannette, Guillaume Pepin Broussardière sur le Yacgues, François Cormier sur le Daulphin, où il avait pris pour maître d'équipage Macé Jalobert, ont pris trcis navires flamans ou espagnols, le Faucon Blanc, V As option de Biscaye, le Griffon, Le dernier était une bisquine ; on peut croire les autres de ces bonnes hourques pansues, faites pour être capturées par les corsaires Malouins. On procède à l’adjudication de bonne prise devant le tribunal ordinaire du lieu, auquel s’adjoint le représentant de l’Amiral, pour sauvegarder les droits royaux, en présence de Loys Guizanda, Corneilles Janczes, Thomas Jameset Pascal Meindrolle, officiers prisonniers. Le débat n’est pas long : il y a guerre entre l’empereur et le roi de France, le sénéchal adjuge.
Ce jour même, Marie du Rocher, sœur de feu François du Rocher, fait entendre des témoins pour établir sa parenté afin d’’tre déclarée héritière de son frère. Rien de plus banal ; mais la requérante a l’heureuse idée de faire entendre Jacques Cartier après plusieurs autres. Le Registre des Audiences de Saint-Malo contient ce qui suit :
Fac Cartier, LX ans, juré, etc, dict paroïillement qu’il les congnoissoit et sont frères et sœurs de père et mère des les 4 ans,
Audiences 1552, ibid, sous le 23 décembre 1551,
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Cette fois, il n’y a plus à douter: il est né en 1491.
Mais arrivons au troisième et dernier document qui confirme les deux précédents.
Le 6 juin 1556, Cartier va à la cour témoigner en faveur de Pexiine Gardon, accusée injustement d'avoir £ardé chez elle ‘‘une brochée de chair rcstye, p'opre à présenter devant des marchans Avglois [à estans....”, le samedi, 30 mai, :a des juurs de jeûne des quatre-temps de la Pencecô.e.
Le texie du Registre des Audiences de Saint-Malo, rappoiie le témoignage de Jacques Ca: v'er comme suis:
“ Jarques Cartier, jiré,etc., LXTTTT ans, congnoist, sont dix ans et plus, lad. vefve (1) qu'est femme de bien, Xrestienne et catholicque et telle est réputée.”
Si Jacques Csitier avait 64 ans le 6 juin 1556, nous devons faire remonter sa naissance à 1491. Les déclaracions faites par le Découvreur lui-même devant un tribunal de justice, nous donnent raison de fixer 1491 pour l’année de sa naissance. Il ne faut pas tenir compte de l’inexactitude apparente que l'on serait tenté de remarquer dans les dates de 1548 et de 1556, par rapport à l’âge que se
(1) Perrine Gandon, veuve Jullien Baucler,
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donne Cartier, ces années-là. (Cartier a dû naître entre le G juin et le 23 décembre. Voilà qui explique pourquoi le 2 janvier 1548, il s'attribue 56 ans et non 57. De même le 6 juin 1556, il déclare 64 ans, bien que de prime abord, on serait porté à croire qu’il avait une année de plus.
Il s'ensuit donc que l’ENFANT BAPTISÉ A JAMET QUARTIER LE 31 DÉCEMBRE 1494, sans nom de baptême, n’a rien de commun, si ce n’est la fraternité, avec Jacques Cartier, le grand Découvreur du Canada.
Cette dissertation, toute fastidieuse qu’elle puisse paraître à première vue, ne pouvait être omise, vu la persistance apportée par les écrivains, les historiens, les biographes, les auteurs de manuels d'histoire du Canada, à attribuer une date fausse à la naissance de l'illustre Malouin. (1)
> (1) Voir Note E, chap, I, à la fin de ce volume.
a dû , Voilà 548, il > 6 juin prime ait une
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CEAPITRE II
Filiation de Jacques Cartier
Tous ceux qui ont écrit sur Jacques Cartier s'accordent à le faire naître du mariage de Jamet Cartier avec Gesseline Jansart, bien que les registres de Saint-Malo ne fassent aucune mention de son baptême. Ce fait généalogique, admis par tant de biographes, n’est guère contestable, surtout lorsque l’on considère l'énorme confusion qui existe chez presque tous les historiens au sujet de la famille Cartier. Nous allons essayer d’être exact, après avoir suivi pas à pas Ceux qui, avant nous, se sont occupés de la filiation de Cartier d’une manière un peu spéciale. MM.
Desmazières de Séchelles, (1) Harvut et Joüon des Longrais viennent en tête de ceux-ci.
Vers le milieu du XVe siècle vivaient à Saint-Malo Jean et Jacques Cartier.
(1) Voir Note A, ch, IT, à la fin de ce volume,
cab LE aie
Jean avait épousé Guillemette Beaudoin.
Cinq enfants sortirent de cette union.
19 Jamet, né le 4 décembre... 1458 20 Jean, né le 26 février... 1464 30 Etienne, né... eva dss 1467 do'-Piotres nées Literie 1469 50 Thomasse, née le 2 juin... 1472
Le mariage de Jean Cartier avec Guillemette Beaudoin est consigné aux archives de la municipalité de Saint-Malo, de même que nous retrouvons aux registres de l’état civil l'acte de naissance de leur fils aîné Jamet, père supposé du Découvreur.
Leur second enfant, appelé Jean comme son père, épousa Jeanne Le Moyne dont il evt quatre enfants : Jean, Perrine, Françoise et Robert.
Etienne eut un fils du nom de Raoullet, né le 8 mai 1494.
Pierre, le quatrième, marié. à Jehanne Gilbert, n’eut qu’un fils, (1) François, né le 22 janvier 1495.
L’unique fille de Jean Cartier, Thomasse, n’eut qu’une enfant, Jacquette, née le 7 février
(1) Voir Note B, ch, II, à la fin de ce volume,
audoin.
lemette y de la ue nous il l’acte
oise et
Ilet, né
février
mis LE tan
M. Harvut signale une sixième enfant (1) issue du mariage de Jean Cartier, nommée Jehanne, qui, dit-il, épousa Jean Noël, et lui donna six enfants. Or, cette Jehanne Cartier, au lieu d’être l’enfant de Jean, en est la petitefille, et, comme nous l’avons établi, la sœur de Jacques, notre héros.
C’est une erreur grave qu'il importe de signaler, car M. Harvut jouit d’une certaine notoriété dans le monde des érudits, et les brochures qu’il a publiées ne sont pas sans valeur. Avouons aussi qu’il est difficile de ne pas commettre quelque erreur, quand on n’a pour se guider que des archives mal tenues, où les pièces sont le plus souvent incomplètes, informes et illisibles.
Les registres de l'était civil de Saint-Malo, commencés en 1454, sont tiès incomplets, à venir jusqu’à l’année 1553. Les baptêmes ont d'énormes lacunes, et manquent même totalement de 1472 à 1494 ; les mariages sont mentionnés à peu près, sans texte, jusqu'en 1553 ; les actes de sépulture font entièrement défaut.
Plus donc on étudie cette question de la généalogie de Jacques Cartier, plus les difficultés s’amoncellent. Ne possédant que des
(1) Harvut : Jacques Cartier. Recherches sur sa Dersonne et sa famille, p. 4
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actes imparfaits, l'écrivain se trouve très souvent réduit à des conjectures plus ou moins risquées.
Les familles de Cartier étaient alors nom:
breuses. Paramé, (1) Saint-Coulomb (2) étaient des pépinières de Cartier. [l est probable que ces familles allaient toutes à Saint-Malo pour y faire inscrire les naissances, mariages et sépultures, comme l'avaient fait de temps immémorial une foule d’immigrants des paroisses dépendant de l'évêché de Saint-Malo.
A partir de 1450 il a dû exister dans ces |
divers endroits plusieurs Jacques Cartier, comme il y a eu, pendant le premier quart du XVIe siècle, plusieurs Catherine Des Granges mentionnées aux registres, dont l’une, fille do Jacques Des Granges, connétable de Saint- Malo, devait épouser le Découvreur. Aïnsi nous voyons dans les Malouins célèbres que, le 27 juillet 1599, deux maîtres pintiers, Fedry Buscon et Charles Gauche se disputent un compagnon qui s'appelait Jacques Cartier.
Tenant compte de cette homonymie, passée en coutume à cette époque, comme elle l’est aujourd'hui dans toutes nos familles canadiennes, il importe donc de ne pas conclure
(1) Voir Note C, ch. IT à la fin de ce volume, (2) Voir Note D, ch. II, à la fin de ce volume,
uve très ou moins
lors nom- 2) étaient bable que falo pour iriages et de temps ss des pant-Malo.
* dans ces
s Cartier, r quart du 8 Granges ne, fille do de Saintur, Ainsi bres que, le ers, Fedry putent un artier.
nie, passée e elle l’est illes canas conclure
lume, olume,