RS QUE
fusil à pierre... Ah! pauvre petit (pleurant) il serait ben mort de peur en voyant les bayonnettes flambantes neuves des Anglais. Ah! mon Dieu, quelle chance qu’il soit venu au monde après moi, lui itou.. Mais dis donc, père Lamerluche, cette histoire n’est pas beaucoup amusante... J'aime mieux moi, les choses de l’ancien temps. Tiens, l’autre jour, mon voisin Baptiste me parlait comme ça d’un grand voyageur qui était venu dans ce pays dans le principe... et qui avait eu ben de la tablature. Contez moi donc ça, si vous en connaissez quelque chose. En attendant, essayons-nous et prenons un coup ; après tout, ma foi, les canayens ne sont pas des fous.
‘LAMERLUCHE.— Ah ! je comprends; vous voulez parler de ce matelot qui est venu dans notre pays.
PanizoT.—Tout juste. Racontez-moi donc son voyage. Il y a rien pour r'monter le moral d’un homme comme de lui rappeler les affaires du temps passé. Tenez. moi qui vous parle... si à l'heure qu'il est j'ai tant peur des loups garroux et des fifollets... c’est parce qu'on m’a toujours tenu sous la jupe de maman. Et pourtant, tâtez-moi cette tête-là :.… j'avais la bosse du militaire là-dessus.
LAMERLUCHE.— Ah ça! j'vois que si vous avez peur des histoires de guerre de votre grand père, il y certaines choses que vous n'avez pas oubliées. Mon grand grand-père me le disait bien. les canayens ont tous un petit penchant pour les histoire d'aventure. Eh ben oui; à ton service mon garçon. Et écoute ben l’histoire que je vais te raconter....Tu vas voir comment toute cette affaire là est arrivée...Un autre petit coup avant de commencer, ce n’ost pas de trop...A ta santé l'ami.
Pour lors denc.….. il y avait dans ce temps là un homme qui passait pour un joli garçon et qui s'était mis dans la tête de greiller plusieurs bâteaux