‹ Jacques Cartier ou Canada vengé [microforme]Chapitre 4 sur 29 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Jacques-Cartier.—Onondaha.

JACQUES-CARTIER (continue).—Depuis longtemps, chef, le visage pâle souhaitait visiter la terre de tes ancêtres. Un prince puissant habite par delà la mer bleue un pays couvert de riches

“habitations. Pars, me dit-il; dirige ta course vers

le pôle glacé ; uñe contrée lointaine s'étend ià bas entourée de toutes parts de forêts profondes. Jamais l'œil de l’homme civilisé n’a pu pénétrer à travers le feuillage de ces sombres retraites ; mais on rapporte que des hommes à la peau rouge ont été vus remontant le cours d’un fleuve immense dans des canots rapides et légers... En mon nom, porte à ces peuplades la lumière des vieux pays et le flambeau de la civilisation!.…..Chef, pour remplir cette mission, j'ai franchi les distances et je n’a

se DU

pas craint de venir attacher ma barque près des: rives où dorment tes pères.

OnonpaHa.—-Frère, je te sais gré de ton affection. L'homme des bois ne connait pas le maître souverain dont tu parles ; l'or brillant et les colliers pleins de feu doivent reluire comme des étoiles sur ses habits et sa demeure, j'en suis sûr, flamboie comme les rayons du grand astre... Regarde ici la hutte de celui qui conduit cette tribu... Le poil d’un porc-épié protège l'entrée de sa cabane et pour s'asseoir à sa table, il n’a que les nattes tressées avec le jonc de la grève... Sur son corps la peau du noir sanglier étale sa luisante couleur, et

our ornements ses oreilles et sa poitrine marient a blancheur des dents polies des bêtes, avec le grisfer des rares cailloux... Mais l’Indien vit content. Pour sa femme et ses enfants, il ne demande que l'air et la liberté... Il aime à recevoir la visite de l’homme pâle, depuis qu’il a entendu son tendre langage.—Tu peux, Ô puissant marin, construire ta tente à mes côtés et planter le sceptre de ton maître sur ces bords. /

JACQUES-CARTIER.—Ton amitié remplit mon cœur de joie. Le voyageur respecte l'enfant de la forêt ; En acceptant de ses mains le commandement de ce pays, il ne veut pas que son pied soit enchaîné comme l'aile de l'oiseau dans le filet trompeur. Pendant que l'étranger industrieux fera retentir les échos d’alentour du bruit de son travail et de son activité, le peau-rouge instruit par son exemple apprendra les secrets de la science et l’art de manier les instruments de toutes sortes...

Maintenant, chef, leve-toi et repète ces choses aux tiens.

(Jacques Cartier se tournant du côté de ses compagnons, continue).—Amis, approchez; c’est le jour du triomphe...O noble France : Salut...Oui, à moi!

re

Jacques-Cartier la conquête de cette terre; désormais elle est à nous. A moi, ce beau St. Laurent qui baigne de ses fières ondes l’obscure bourgade d'Hochelaga, sol béni que nous marquons dans ce

, moment de l’empreinte de nos pas... Ah! je suis

fou d’orgueuil; car j'ai foulé une contrée nouvelle. O Canada! pardonne à mon ivresse, et toi, ma chère patrie, pardonne à mon amour. Oui, venez, enfants : auprès du rivage écoutez ma prière.

(Jacques-Cartier plante une grande croix ; la tribu s'étant rapprochée, id se découvre :) ‘ Dieu Eternel ‘et tout Puissant ! je te consacre cette terre. L’uni- ‘ vers t’appartient.... Fais descendre sur la jeune ‘“ colonie un soufle d’abondance et de paix... A * l'ombre de cet emblème sacré je viens planter le “ drapeau de la France...—Je suis l’'humble ins- ‘ trument de ses mains pour faire fleurir sur ce ‘* sol le nom de son royaume et celui de ta sainte. ‘* religion...Par la volonté de mon souverain, c’est ‘ici que je dépose avec le gage de sa foi les signes ‘ de son autorité bienfaisante... Grand Dieu, sois ‘ propice à mes travaux et fasse le ciel que le ‘ peuple qui m’entoure, protégé par l'amour de ‘‘inon Dieu et de son Roi, marche sûrement vers ‘une destinée glorieuse.”

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