‹ Jacques Cartier ou Canada vengé [microforme]Chapitre 7 sur 29 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

Le chevalier Raoul Dézery et les autres compagnons de Jacques-Cartier et Onondaha.

LE CHEVALIER RaouL DÉZERY, (après avoir jeté un dernier et long regard sur le vaisseau, prenant la pa role). — Païs, braveJacq' s-Cartier.…. Oui, tu es digne de ta noble et sublime mission. Que nos vœux propices te suivent jusque vers les rives aimées de France! Et vous, compagnons, venez au pied de la croix que: ses mains ont plantée ce

2e he matin, venez invoquer l'étoile des mers pour les voyageurs.

{Tous se découvrent, Raoul tenant la main de Onondaha récite l’invocation st:ivante en face de la croix).

‘ O Dieu, qui commandez à la tempête, envoyez un soufie généreux qui conduise les hardis * marins dans un port sûr. Vers l'inconnu vous avez dirigé leurs pas; votre toute puissance saura bien les ramener sur la route de la terre natale. Pour étendre le règne de la France et celui du Christ nous avons entrepris le chemin de l'exil, de l'isolement et des sacrifices... Veuillez, Seigneur, à cette heure difficile de nos travaux, ne pas retirer votre protection à de pauvres serviteurs qui peuvent devenir les vains jouets des enfanis de la

sont entre vos mains; épargnez leur les misères de la faim. De notre âme éloignez aussi les tourments de l’ennui et de l'abattement, afin que revenant sur ces pldges, Cartier trouve une colonie d'hommes forts et courageux, capables de continuer l’œuvre consacrée à son Dieu et à son Roi. ONonpaa—Grand Manitou, tu viens d'entendre

la prière de mon frère, l’homme pâle. Elle est.

tendre comme le chant de l'oiseau de nos bois Conduis la barque des voyageurs dans un endroit propice. Donne du courage aux autres compagnons que l’illustre chef a laissés sous nos wigwams afin que leurs cœurs ne tremblent pas en attendant les cris farouches des animaux. Des visage rouges ils n’ont rien à craindre, car les esprits sont venus apprendre à l’indien qu'il faut

aïmer le Dieu des Français. Je me tais.

(Raoul et le Chef suivis des autres retournent vers la scène).

Raouz Dézery.—Maintenant, mes amis, ouvrons nôs cœurs à l'espérance. Le Dieu des forts est avec nous. Dans quelques mois le roi de France

forêt et la pâture des bêtes sauvages....Nos corps .

di TD de

écoutant la voix du dévouement et du sacrifice, confiera de nouveaux trésors et de nouveaux colons à la mer et une floiille superbe viendra aborder sur ces rivages. Oh! mille fois bénie la Providence qui nous envoie de telles counsolations au milieu de nos craintes ct des dangers qui nous environnent.….

En attendant le retour de nos compagnons, il nous faut, amis, songer à établir la petite colonie et ourvoir aux premiers besoins de notre existence. oici à notre droite une vallée magnifique où nous pouvons dresser des tentes et cette forêt épaisse qui nous entoure et ce fleuve géant qui coule à nos pieds fourniront, je l'espère, des moyens de supsistance suffisants pour nous mettre à l'abri de la nécessité..….

Mais avant de commencer demandons quelques renseignements au Chef de la tribu.

{Raoul et le Chef conversent à voix basse, puis Onondaha reprend.)

ONoNpaHA.— Ami, ne te soucie pas de ces choses maintenant. Sous nos huttes tu couleras quelques jours pour reposer ton corps des fatigues du voyage. Le gibier abonde à deux distances de nos flèches rapides et l’œil de l’indien est exercé à ‘saisir le vol trompeur de l'oiseau. Pour te nourrir des poissons de la rivière, nos filets jamais ne sècheront à la porte de nos cabanes. Tu curas tout en abondance et pour te faire oublier les ennuis de l'absence, sur les nattes blanches tressées par nos femmes nous t'inviterons à t’asseoir et à fumer avec nous le calumet de la paix.

Raouz Dézery.—Merci, chef magnanime, de ta bonté ; le Français n'oubliera jamais ce que tu fais pour lui: Il accepte avec plaisir les promesses de ta fidélité. D'ailleurs, tu le sais, le marin quia quitté ces bords m'a confié à son départ le soin de

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