JACQUES CŒUR D'APRÈS L'ÉVÊQUE DE LISIEUX
« de grosse rivière ou fleuve portant grand navire, et qui, « à l'occasion des guerres, estoit dépeuplée et désolée. » La commission se rendit à Bourges , entendit les maîtres drapiers, et rédigea des statuts où toutes les parties de la fabrication étaient réglées, les méthodes de teinture déterminfpp, et qui semblent avoir servi de modèle aux siuiuià analogues du dix-septième siècle^. Mais des règlements ne corrigent pas le désavantage des lieux, et, bien que les nouveaux statuts fissent défense de vendre dans le Berri les draps de Normandie, la draperie de Bourges ne se releva pas de son infériorité.
On a déjà vu le portrait qu'un contemporain de Jacques Cœur a laissé de lui : « C'était, dit-il, un homme sans let- « très, mais d'un esprit infini, et tréSTOUvert, très-in- « dustrieux pour tout ce qui concernait les affaires. . . Le pre- « mier en France, dans le quinzième siècle, il fit construire « et équipa des navires qui transportèrent eu Afrique et en « Orient des draps et autres marchandises du royaume. A « leur retour, ses navires rapportaient de l'Egypte et du « Levant diverses étoffes de soie et toutes sortes d'épices. « Arrivés en France, quelques-uns d'entre eux remontaient « le Rhône, tandis que d'autres allaient approvisionner la « Catalogne et les provinces voisines, disputant ainsi aux « Vénitiens, aux Génois et aux Catalans une branche de « trafic qu'ils avaient seuls exploitée jusqu'alors. C'est « ainsi qu'il acquit, par son industrie et par ses opérations a maritimes, des richesses prodigieuses ^. »
Pour le seconder dans ces opérations et surveiller l'exécution de ses ordres, Jacques Cœur avait des représentants
* Ordonnances des rois de France, t. XIII.
' Thomas Basin, de Rébus, etc., lib. IV. cap. XXVI, et lib. V, cap. XXIII.