‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 195 sur 359 · CONQUÊTE DE LA NORMANDIE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LA NORMANDIE

de Bordeaux. Plus la France s'éloignait des temps funestes où sa nationalité même avait été si grandement menacée, plus elle supportait avec impatience la domination étrangère. Le sentiment public, de jour en jour mieux indiqué, poussait donc le gouvernement à faire un dernier effort pour chasser les Anglais du territoire, en commençant par la Normandie, à cause de sa proximité de la capitale. Mais c'était là une entreprise coûteuse, à cause des nouvelles troupes qu'il fallait rassembler, la milice ordinaire étant insuffisante et le trésor épuisé. Un seul homme en France pouvait faciliter ce patriotique dessein : c'était Jacques Cœur. Charles VII eut recours à lui. On connaît la noble réponse de l'illustre marchand : — « Sire, ce que j'ay est vostre, » dit-il au roi, et il lui prêta deux cent mille écus^.

La campagne nationale commença bientôt; la conquête de la Normandie en fut la conséquence. Un chroniqueur fait remarquer que, (i durant cette conqueste, tous les gens d'armes « du Roy de France et ceux qui estoient en son service « feurent payés de leurs gages de mois en mois *. » Au bout d'un an, les Anglais, successivement refoulés jusqu'au littoral, étaient vaincus sur tous les points. Charles YII, la salade en tête^ le pavois à la main, dirigea lui-même le siège de plusieurs villes. Jacques Cœur l'accompagnait partout. La capitulation de Rouen, qui eut lieu dans les premiers jours du mois de novembre 1449, fut marquée par des réjouissances générales. Le roi y fit son entrée solennelle le 10 novembre. D'après uu témoin oculaire, il descendit de la montagne Sainte-Catherine, accompagné d'un

1 Mathieu de Coucy, dans Godefroy, Histoire du roy Charles VII, p. G92.

2 Mémoires de Jacques iJu Ctercq, liv. I, chap XXVII.

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