AU QUINZIÈME SIÈCLE
à cette époque, une véritable renaissance des arts, renaissance nationale et profondément française^. La décadence de rarchitecture ogivale fut, il est vrai, aussi prompte que ses progrès avaient été rapides. Dès le quatorzième siècle, les symptômes en furent visibles. Son caractère et les causes de sa décadence ont été parfaitement définis. «Dans les périodes «primitives, le principal l'emporte sur l'accessoire; il y a « disette d'ornements; cette réserve communique à l'œuvre « une expression de gravité majestueuse ou mélancolique. « Dans les périodes de décadence, l'accessoire l'emporte «sur le principal. Tandis que l'exagération altère les « formes essentielles, la décoration les envahit, les masque « et les obère. Le luxe et la coquetterie prennent la « place des qualités supérieures. Telle fut la marche que « suivit l'art gothique^. » Cette tendance à l'exagération et à la prodigalité des ornements fut surtout sensible au milieu du quinzième siècle. Parmi les monuments religieux, la cathédrale et l'église de Saint-Ouen à Rouen, bien que remarquables à tant de titres, portent des traces du faux goût sous lequel l'architecture gothique devait bientôt succomber, et dont le palais de justice de la même ville, élevé vers la fin du quinzième siècle, fut, en quelque sorte, la plus haute expression. La maison de Jacques Cœur à Bourges avait précipité le mouvement qui entraînait l'architecture nationale vers sa ruine. Les hôtels de ville de Saint-Quentin, d'Orléans, de Dreux, de Provins, dont la construction remonte aux règnes de Charles YIII et de Louis XII, portent l'empreinte d'un caractère nouveau,
* M. le comte de Laborde, La renaissance des arts à la cour de France, éludes sur le seizième siècle, t. I, p. 45.
2 Le moyen âge et la renaissance; MM. Lasîus et A. Michiels, Ârchi lecture civile et religieuse, t. V.