‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 236 sur 359 · POÉSIES DIVERSES · texte numérisé non relu

POÉSIES DIVERSES

Mon père n'eut oacq'granl richesse.

Ne son ayeul nommé Erace.

Pauvreté tous nous suyt et trace.

Sur les tombeaulx de mes ancestres (Les âmes desquels Dieu embrasse) On ne voit couronnes ne sceptres...

« Hé Dieu ! si j'eusse estudié, Au temps de ma jeunesse folle, Et à bonnes mœurs dédié, J'eusse maison et couche molle.

Mais quoy? Je fuyois l'escole, Comme fait le mauvais enfant.

En escrivanl ceste parole, A peu que le cueur ne me fend...

« Où sont les gracieux gallans...

Que je suivoye au temps jadis, Si bien chanlans, si bien parlans.

Si plaisans en faitz et en dicts?

Les aucuns sont morts et roiditz, D'eulx n'est-il plus rien maintenant; Repos ayent en Paradis, Et Dieu saulve le remenant...

€ Et les aucuns sont devenus

Dieu merci, grands seigneurs et maistres;

Les autres mendient tout nuds

Et pain ne voyent qu'aux fenestres...

...Mais aux pauvres qui n'ont de quoy,

Comme moy? Dieu doint patience...

« ...Si Dieu m'eust donné rencontrer Ung autre piteux Alexandre Qui m'eust faict en bon heur entrer.

Et puis qu'il m'eust vu condescendre A mal; estre ars et rais en cendre, Jugé me fusse de ma voix.

Nécessité fait gens mesprendre.

Et faim saillir le loup des bois.

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