‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 238 sur 359 · MÉDECINS · texte numérisé non relu

MÉDECINS

Pour la profondeur et la vérité saisisFante des images, ces dernières strophes de Villon n'ont jamais été égalées en France. Elles rappellent tout à la fois Shakespeare, qui ne parut qu'un siècle après, et Bossuet dans quelques-unes de ces magnifiques apostrophes qu'il adressait aux grands '. Hardi, éloquent, coloré^ Villon, de même que Villehardouin, Joinville, et l'historien Commines son contemporain, avait complètement échappé à l'inûuence des littératures anciennes, et il dut à ce bonheur la vivacité originale de ses expressions, la personnalité de ses pensées. Ainsi, au moment où la société féodale se disloquait, grâce aux réformes de Charles VII et aux coups que lui portait Louis XI, la société nouvelle rencontrait dans le même homme un hardi réformateur de la langue et un grand poëte*.

En même temps que Villon exprimait, dans ce langage simple et poétique, les fortes pensées qu'on vient de voir, des médecins et des jurisconsultes célèbres étendaient par leurs observations et par leurs écrits l'action extérieure de la France. Sous Charles VI, un moine de l'île de Lérins en Provence, Hermentaire, avait composé une description des herbes, des plantes, des fleurs, des fruits et des animaux de toute espèce. D'autres descriptions succédèrent à celle-là et la médecine dut y trouver, à mesure qu'elles se perfectionnèrent, d'utiles auxiliaires. Dès 1396, des lettres patentes du roi reconnaissaient « que la source et l'origine de (t la science de médecine se trouvoient à Montpellier, par- « dessus toutes les autres écoles. » — « Nous et nos pré-

* M. Uemogeot, Histoire de la littérature française, depuis son origine jusqu'en i830, p. 254 et suiv.

* M. Francis Wey, Le moyen âge et la renaissance, t. II ; Les langues.

» M. D. Nisard, Histoire de la liiléralure française, t. I, p. 169.

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