‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 77 sur 359 · LES ASSURANCES, LA SPÉCULATION · texte numérisé non relu

LES ASSURANCES, LA SPÉCULATION

Péra, où les négociants génois avaient des établissements considérables; Caffa, qui rendait en quelque sorte la république maîtresse du commerce de la mer Noire, et qui devint l'entrepôt d'une grande partie des marchandises que la haute Asie, l'Asie septentrionale, la Chine, l'Inde et la Perse expédiaient en Europe. D'une audace sans égale, stimulés par les richesses de leurs concitoyens, les marins de Gênes ne reculaient devant aucune entreprise, si téméraire qu'elle fût, et grâce au courage, à l'habileté, L la persévérance qui les distinguaient, ils finissaient presque toujours par réussir. Leurs expéditions étaient-elles de nature à compromettre, à embarrasser la république, elle en désavouait les auteurs. Une carte de 1436 prouve que les côtes des pays fréquentés par ses marins avaient déjà été reconnues avec soin. Comme à Venise, le commerce des esclaves était une source importante de bénéfices^. Le voyageur français qui rencontra Jacques Cœur dans le Levant parle d'un Génois qui faisait ce trafic odieux. Les Génois du quinzième siècle connaissaient les assurances maritimes^; ils se livraient aussi aux mêmes spéculations aléatoires que les commerçants du dix-neuvième, vendant pour une époque déterminée des marchandi.ses qu'ils n'avaient pas, sauf au moment fixé pour la livraison, à payer ou à recevoir la différence entre le prix stipulé et le prix du jour de la liquidation^. En échange des draps de soie, des épiceries, des parfums, de l'or, de l'argent et des perles qu'ils rapportaient du Levant, les Génois y exportaient des draps de moyenne qualité, des toiles, du fer ouvré, des armes et des cottes de mailles que leur fournis-

• Pardessus, d'après les auteurs italiens, loc. cit., p. lxxis el suiv.

• Pardessus, loc. cil,, p. clxxx.

• Depping^ loc. cit., p. 213.

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