AMIS PRINCIPAUX
ne donne mieux sans doute une idée du crédit dont jouissait alors Jacques Cœur. Ses principaux amis, parmi lesquels on remarquait Jean de Bar, conseiller du roi, les évéques d'Agde, de Carcassonne et de Nevers, ainsi qu'une foule de chevaliers, assistèrent à cette entrée1, à l'occasion de laquelle Jacques Cœur donna dans son hôtel de La Chaussée, bien près d'être achevé, une féte splendide. De ses deux autres fils, l'un, nommé Ravant, mourut sans postérité , et n'a laissé que son nom; l'autre, Geoffroy Cœur, était jeune encore, et ne joua un rôle dans le monde que sous le règne suivant.
Tout réussissait, on le voit, à l'heureux argentier. Dans l'espace de vingt années, il s'était élevé au faite des honneurs, et il avait fondé la fortune la plus considérable qu'un particulier ait peut-être jamais possédée en France. Soit qu'il obéit à son naturel, soit calcul ou ostentation, il faisait de cette fortune un usage qui ne pouvait que relever encore le prestige de son nom. On a vu quelles sommes il avait dû dépenser pour faire construire, indépendamment de son hôtel, la sacristie et l'une des chapelles de la cathédrale de Bourges. Sa magnificence ne s'exerçait pas seulement dans sa ville natale. Paris et d'autres villes en ressentirent les heureux effets. « De son temps, dit un écrivain du seizième « siècle, Jacques Cœur, de Bourges, marchand et depuis « argentier de France, fonda le collège des Bons-Enfans et « la chapelle Sainct-Cler, eu la rue Sainct-Honoré*. » En 1448, on frappait, à la monnaie de Bourges, cette monnaie
1 Procès-verbal du joyeux avènement de Jean Cœur, aux archives da chapitre de Bourges, cilc* par M. Ray n al, t. III, p. C2.
5 Les antiquitez, chroniques et sinqularitez de Paris, par Gilles Corrotet, Parisien. PariB, K>86, I vol. in-8, p. 143, verso, — D'après Michel Félibico, Histoire de Paris, I. I, p. 247, Jacques Cu?ur n'aurai!