CONQUÊTE DE LA NORMANDIE
de Bordeaux Plus la France s'éloignait des temps funestes où sa nationalité même avait été si grandement menacée, plus elle supportait avec impatience la domination étrangère. Le sentiment public, de jour en jour mieux indiqué, poussait donc le^gouverncment à faire un dernier effort pour chasser les Anglais du territoire, en commençant par la Normandie, à cause de sa proximité de la capitale. Mais c'était là une entreprise coûteuse, à cause des nouvelles troupes qu'il fallait rassembler, la milice ordinaire étant insuffisante et le trésor épuisé. Un seul bomme en France pouvait faciliter ce patriotique dessein : c'était, Jacques Cœur. Charles VII eut recours à lui. On connaît la noble réponse de l'illustre mareband : — « Sire, ce que j'ay est vostre, » dit-il au roi, et il lui prêta deux cent mille écus1.
La campagne nationale commença bientôt; la conquête de la Normandie en fut la conséquence. Un chroniqueur fait remarquer que, « durant cette conqueste, tous les gens d'armes « du Hoy de France et ceux qui estoient en son service « feurent payés de leurs gages de mois en mois8. » Au bout d'un an, les Anglais, successivement refoulés jusqu'au littoral, étaient vaincus sur tous les points. Charles VII, la salade en tête, le pavois à la main, dirigea lui-môme le siège de plusieurs villes. Jacques Cœur l'accompagnait partout. La capitulation de Rouen, qui eut lieu dans les premiers jours du mois de novembre 1449, fut marquée par des réjouissances générales. Le roi y lit son entrée solennelle le 10 novembre. D'après un témoin oculaire, il descendit de la montagne Sainte-Catherine, accompagné d'un
1 Mathieu de Coucy, dan» Godefïoy, Histoire du roy Chattes VII, p. 002.
* Mémoires de Jacques DuCiercq, Hv. I, chap. XXVH.