DCWS REÇUS EN LANGUEDOC
le seul? On est tenté d'en douter. Cettyi somme de 60,000 livres, en effet, avait été prêtée pour une circonstance déterminée, et l'on sait que la campagne de Normandie se composa d'une série de sièges et d'efforts. Constatons encore, pour prouver la pénurie du trésor, que, le 44 mai 4450, Charles VII empruntait la moitié des impositions levées sur les villes du Poitou pour l'entretien des fortifications1. On prétend que Jacques Cœur avait su se faire indemniser des dépenses que lui occasionnait la guerre de Normandie, et l'on allègue un don de 4,000 livres que les
Etats du Languedoc lui avaient fait à cette intention au mois de novembre 4450 *. Mais ce don (il en reçut même de bien plus considérables) n'était autre chose qu'une gracieuseté de ces États qu'il présidait depuis plusieurs années, et doit-on lui faire un crime d'une habitude qui s'est conservée jusqu'à la Révolution?
Quoi qu'il en soit, les prêts faits à Charles VII par Jacques Cœur déterminèrent sa ruine. Une circonstance imprévue, et qui ne paraissait pas de nature à exercer la moindre action sur sa destinée^ la mort subite d'Agnès Sorel, vint, sur ces entrefaites, fournir le prétexte impatiemment attendu par les ennemis que ses richesses, son ostentation et ses maladresses lui avaient attirés.
a *ccl de mes armes, le XI Ie jour de décembre, l'an rail CCCC cinquante. « J. Cher. » (Bibl. imp., Mss. Cabinet des litres, Portefeuille de Jacques Cœur. La pièce porte encore le sceau en cire rouge.)
* Bibl. imp., Mss. Portefeuilles Fontanieu, n0f 121-122.
* Mémoires de Mathieu d'Escouchy, publiés par la société de 17/»toire de France; a la table ; V° Jacques Cœur.