DÉCOUVERTE DE L'IMPRIMERIE
à jouer avait conduit à celle des images des saints, qui donna elle-même l'idée de la gravure des inscriptions ou légendes, d'où serait née l'imprimerie1. Ouoi qu'il en soit de son origine, trois compagnons allemands, Schœfler, Guttenberg et Faust, avaient, vers 1435, découvert l'art de l'imprimerie en caractères mobiles. Après quelques années d'essais et d'ébauches, l'imprimerie mit en circulation (1455) son premier chef-d'œuvre, la Bible. Peu de temps auparavant, un artiste florentin, Maso Finiguerra, avait trouvé l'art de la gravure en creux sur métal. La France, au surplus, ne restait pas en arrière dans ce grand mouvement artistique du quinzième siècle. Vers 1450, Bernard Milnet gravait sur bois une Vierge avec l'Enfant Jésus, un Saint Bernard et plusieurs autres sujets2. De son côté, Charles VII songeait a introduire l'imprimerie dans ses états. Un manuscrit contemporain raconte l'anecdote suivante: «Ayant sçu qu'il y avoit à Mayence gens adroits à la taille des poinçons et caractères, au moyen desquels se pouvoient multiplier par l'impression les plus rares manuscrits, le Roy, curieux de telles choses et autres, manda aux généraux de ses monnoies d'y dépeseber personnes entendues à la dite taille, pour s'informer secrètement de l'art et en enlever subtilement l'invention. On envoya Nicolas Jenson, un de ses graveurs de la
«ur bols. » (Duchesne, Gravure, dans Le moyen âge et la renaissance, t.V.)
1 Leber, Études historiques sur les cartes à jouer, t. XVI des Mémoires de la Société royale des antiquaires de France. — Leber s'appuie à ce sujet sur l'opinion suivante du baron Ileinecken , qui est , dil-il, l'homme le plus versé dans la connaissance des premiers produits de la xylographie. « The namss engraved in wood under the figures (or cards) are the Jirst known impressions of letters. By degrees, a greater quantity of text was added, and in process of time, noi only enlire pages, but tien books were printed. »
* Duchesne, ubi supra.