‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 249 sur 327 · EMBARRAS DE JACQUES COEUR · texte numérisé non relu

EMBARRAS DE JACQUES COEUR

reur général du roi, Jean Dauvct et le comte de Dammartin se présentèrent dans sa prison. Le procureur général lui ayant notifié qu'il était chargé de le mettre en demeure de payer les quatre cent mille écus, montant de sa condamnation, Jacques Cœur répondit a qu'il ne savoit que dire; qu'il lui seroit impossible de payer si grant somme; que ses bien* ne pourroient y fournir à beaucoup prés, attendu qu'il devoit déjà de cent à cent vingt mille écus qu'il avoit empruntés de plusieurs personnes pour les affaires du Roy.» En même temps, il pria le procureur général et Antoine de Chabannes « de remontrer son pouvre fait au Roy, et de le supplier d'avoir pitié et compassion de luy et de ses pouvres enfans *. » Jacques Cœur voulait-il, en parlant ainsi, atténuer l'importance de sa fortune? Il est certain qu'un témoin déclara lui avoir prêté « une première fois, durant la ronqueste de Normandie, et pour la dite conqueste, d'après ce que disoit Jacques Cuer, seize mille florins; une seconde fois, pour la conqueste de Guyenne, six mille florins qu'il avoit empruntés à perte, de laquelle perte il n'avoit pas été remboursé par le dit CuerJ. » Le procureur général lui répondit que s'il ne pouvait payer la somme de quatre cent mille écus, ses biens meubles et immeubles seraient immédiatement vendus, et il l'engagea à ne rien négliger pour trouver sans délai l'argent nécessaire. Jacques Cœur proposa deux moyens pour arriver à ce but. Il demanda qu'on le mît en liberté sous la condition de donner ses enfants en otage.

trouve nulle part trace de cette circonstance, qui est d'ailleurs en opposition l°avec le texte du procès-verbal cité plus haut de» protestations de l'évëque de Poitiers; 2° avec les détails de la miniature de» chroniques do Monslrelet, représentant l'amende honorable.

1 Archives de l'Empire, Ms. Vente des biens de Jacques Cœur, repistre K, 328. Voir picces juslillcatives, n° 1, extrait B.

» Procès, elc., p. 353 et 354.

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