VENTE D'UN PRISONNIER ANGLAIS
meubles et marchandises que Jacques Cœur avait à Bourges eut lieu dans le mois d'octobre 1453. Elle fut précédée de la môme déclaration publique qu'à Tours. Il en fut ainsi à Paris, à Lyon, à Poitiers, à Montpellier, partout enfin où il avait, soit une maison, soit un entrepôt de marchandises. A Bourges, le procureur général procéda à divers interrogatoires dans l'espoir de retrouver c six hanaps plains, dorez par dedans et goderonnez par dehors; laquelle goderonneure estoit dorée et blanche; et estoient esmaillés au fond de personnages. » Il résulta de l'enquête que ces hanaps avaient été offerts par Macée de Léodepart à l'ambassadeur du pape, chargé de pourchasser la délivrance de Jacques Cuer. On a vu qu'au moment de son arrestation, l'hôtel qu'il faisait construire à Bourges n'était pas achevé. Le mobilier en fut estimé à 368 livres seulement. Diverses tapisseries, dont l'une « était faicte de cerfs voulans et aux armes du Roy, une chambre de damas de vermeil brodé <lc l'histoire de Nabugot de Nozor, » furent évaluées à 4475 écus. Le procès-verbal des ventes opérées à Bourges constate que Jacques Cœur et Dunois possédaient deux prisonniers anglais, les sires de Berquigny et d'Ormond *. Jacques Cœur en avait les trois quarts ; l'autre quart était à Dunois. On abandonna d'Ormond à ce dernier; puis, au mois de septembre 1456, on mit Berquigny aux enchères. Comme
1 Un Jean Dormond, Mb du comte Dormond d'Irlande, commandait Vernon pour les Anglais, en 1449. Dunois ayant Tait sommer la ville de se rendre, Dormond lui envoya, dit Monstrelet, a en signe de dérision et de moquerie, » toutes les vieilles clefs qu'il put trouver chez les serruriers de la ville. Les canons de Dunois le firent bientôt changer de langage, et il fut obligé de rendre la ville quelques jours après. (Histoire de la ville et du canton de Vernon, par M. Théodore Miche', p. 97.) Le sire Dormond, qui appartenait par indivis à Jacques Cour ri à Dunois, est probablement le nvmc qui avait commandé à Vernon.