DÉTAIL
tous marchands et aultres gens alloient seurement parmi
son royaulme1. » Un historien anglais a dit aussi, et cette appréciation mérite d'être remarquée : « Charles VII fut la gloire des François, l'ornement et le restaurateur de la France8. »
La plus grande magniûcence fut déployée à ses obsèques. Le dauphin eut le bon goût de ne pas y assister. Si fourbe et si dissimulé qu'il fût, il dut craindre de laisser éclater sa joie devant les Parisiens. C'est à Avesnes, dans le Hainaut, qu'il recommanda l'àme du feu roi son père à Notre-Dame de Cléri et à Notre-Dame d'Embrun. Tannegui Duchatel , qui fut chargé de diriger la cérémonie, n'épargna rien pour lui donner un air de grandeur digne de celui que la France venait de perdre. On avait fait, suivant l'usage, une sorte de mannequin en cuir dont le visage rappelait les traits de Charles VII s ; on l'habilla comme celui-ci s'habillait les jours d'apparat, et on le plaça
1 Mémoires de Jacques Du C/cr./, p. 175. — Voir aussi Le chant des laboureurs, dans les Vigilles de Charles VU, par Martial d'Auvergne.
* Poljdorus Virgilius, cilé par le P. Daniel, t. VU, année 1 461 .
3 Pendant longtemps on s'était servi, pour représenter le mort, dans les obsèques d apparat, d'un personnage vivant qu'on habillait comme le défunt. On lit dans Y Histoire du Languedoc de dom Vaisselle, qu'une somme de cinq sous fut donnée, Tan 1300, à un nommé Biaise u poor avoir fait le morty aux funérailles de Jean de Poliynuc. » Peu à peu, dit M. le comte de Laborde, on devint plus exigeant. Louis d'Orléans disait, quatre ans avant aa tragique mort, dans son testament : • Je vueil et ordonne que je soye mis en habit des religieux Célestins sur une clove, à la pure terre, sans aucune chose mettre sur ladicle cloye, ayant mon visaige et mes mains desrouvers. Toutevoies, se mon corps ne se povoit garder sans trop pupr, si en soit fait une représentation. » — Apres la mort de François l", François Clouet, peinlre de la cour, reçut I7C livres 18 sous tournois. • pour dépenses de son mestier, par luy Jaictes pour l'effigie du dict ftu roy. » ( La renaissance des art* à la cour de France, t. !, p. 4S et 8î. )