‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 291 sur 327 · ORAISON FUNÈBRE A SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE A SAINT-DENIS

livres parisis qu'ils réclamaient, et le cortège se remit en marche; mais, ce scandaleux incident et d'autres différends entre les écuyers du roi et les religieux de Saint-Denis ayant fait perdre du temps, on n'arriva à la station suprême qu'à huit heures du soir.

Le chœur de l'église était tendu de velours noir. On y avait dressé une chapelle ardente au-dessus de laquelle le corps du roi, enfermé dans trois bières, l'une de cyprès, l'autre de plomb, la troisième de bois blanc, avait été placé. L'effigie de Charles VII était posée au-dessus. Au milieu de la messe, qui fut célébrée le lendemain, maître Thomas de Courcelles 1 monta en chaire, et, devant un auditoire immense, prononça l'oraison funèbre de Charles VII. La messe achevée, le corps du roi fut descendu dans les caveaux et mis

« C'était un des théologiens les plus distingués de l'Université de Ptris. 11 avait été l'un des juges de Jeanne Oarc, et peut-être celui de tous qui, a raison de ses lumières, de son éloquence, de l'austérité de son caractère, avait le plus contribué à la condamnation de la Pucelle. Malgré cela, il continua à jouir de la faveur du roi Qiarle* VII jusqu'à sa mort. Il faut voir dans les curieux aperçus de M. Quicherat sur l'Histoire de Jeanne d'Arc, p. 95 et suiv., les explications qu'il donne au sujet des principaux juges de Jeanne Darc. L'un d'eux, Guillaume Erard, était traité par le confesseur de Charles VII, de vir ctaritsimx virtnlii rt ctrtesli» naptentir. Quant à Thomas de Courcelles, M. Quicherat dit qu'il faut reconnaître en lui le père des libertés gallicane*. Thomas de Courcelles avait fait partie avec Jacques Cœur de l'ambassade que Charles Vil envoya à Rome en 1448 (voir p. 139), et qui, en même temps qu'elle fit accepter par le pape la pragmatique sanction, termina définitivement le schisme qui désolait l'Église depuis si longtemps. — Dans l'opinion de M . Quicherat , la condamnation de Jeanne Darc aurait été le résultat de l'erreur autant que de la passion, et l'opinion des contemporains ne se prononça pas d'une manière bien énergique, même après le procès de réhabilitation, contre les juges de la malheureuse héroïne de Domremv La présence de Thomas de Courcelles aux obsèques de Charles VII, et la mission dont il y fat chargé, confirment cette appréciation.

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en une fosse dans laquelle les huissiers et sergents lancèrent leurs verges. Au môme instant, un héraut d'armes s'avançant, dit à haute voix : «Dieu ait Tarne du Roy Charles VIIe très-victorieux ! » prit sa masse et la jeta aussi dans la fosse. La retirant presque aussitôt, les armes en haut, il s'écria : « Vive le Roi Loysf» Agenouillé sur deux ais dont on avait recouvert à la hate la fosse de Charles VII, le vieux duc Charles d'Orléans, fit une fervente prière, se leva et s'inclina deux fois profondément. Les autres personnes présentes dédèrent à leur tour devant la fosse en s'inclinant une seule fois.

La cérémonie était terminée».

L'épitaphe suivante, qui a disparu depuis avec tant d'autres, fut gravée sur la tombe du roi défunt :

€y gi»t le Hop Grjorleo 1333e, treo glorirur, tiirtortrur, et bicn-ocroo, file ou Rot> CljorUd t)3c, qui rrajta trrnttnruf ano, neuf moi* rt un jour, et treopooea le jour be la jnaa,bflrinr,SI33e jour or 3uillrt( l'an Ht.C<tCCCX3.

PR3S3 ©3€U p€UR i'UV.

— « Vive le roy Loys ! » avait dit le héraut d'armes, en reprenant sa masse dans la fosse où gisait Charles VIL

Rien ne manquait plus au bonheur du dauphin. Le roi son père était mort ; il allait régner à son tour.

» Voyez dans Godctroy , Histoire de Charles VU, Jean Chartier, p. 316 à 320; Jacques Doublet, p. 324 ; Mathieu de Couey, p. 7 32 à 738.

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